Donald Trump condamne l'attaque du Capitole et promet une transition sans accrocs

Capture d'écran de la vidéo diffusée par le compte Twitter de Donald Trump jeudi 7 janvier 2021.
Capture d'écran de la vidéo diffusée par le compte Twitter de Donald Trump jeudi 7 janvier 2021. ©
7 mn

Acculé, Donald Trump a publié, jeudi soir, une vidéo dans laquelle il condamne les violences perpétrées par ses sympathisants, lors de l'attaque du Capitole de mercredi, à Washington. Le président sortant a ouvert la voie à la nouvelle administration, sans pour autant prononcer le nom de Joe Biden, en promettant une transition pacifique du pouvoir et en appelant à la réconciliation.

Publicité

Après en avoir été banni pendant une journée, Donald Trump a fait son retour sur Twitter, jeudi 7 janvier 2021, au lendemain de l'assaut du Capitole par ses partisans, avec un message d'apaisement, loin du ton agressif de son discours de mercredi.

Le président sortant américain a commencé par se dire "scandalisé par la violence, l'anarchie et la pagaille" perpétrées la veille, alors que le Congrès se réunissait pour certifier la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle du 3 novembre. "À ceux qui ont commis des actes de violences ou de destruction, vous ne représentez pas notre pays. Et à ceux qui ont enfreint la loi, vous paierez", a-t-il lancé dans une vidéo de près de trois minutes.

Donald Trump, qui n'a cessé, depuis leur annonce, de contester les résultats de la présidentielle, en criant à la fraude massive sans jamais la prouver, a ensuite fait une autre concession à ceux qui dénoncent sa responsabilité dans les violences, en ouvrant la porte à la future administration Biden. Il faut dire que le chef d'État républicain, lâché depuis par certains des membres de son parti et de sa propre administration — deux ministres ont déjà démissionné — et menacé d'une nouvelle procédure d'impeachment, voyait ses options de plus en plus limitées.

"L'heure est à l'apaisement et à la réconciliation"

"Le Congrès a certifié les résultats (de l'élection présidentielle). Une nouvelle administration prêtera serment le 20 janvier", a-t-il reconnu, sans pour autant prononcer le nom de Joe Biden qui avait estimé, quelques heures plus tôt, que le 6 janvier 2021 resterait "l'un des jours les plus sombres de l'histoire américaine".  "Je vais désormais me concentrer sur une transition de pouvoir ordonnée et sans accrocs", a ajouté Donald Trump, selon qui "l'heure est à l'apaisement et à la réconciliation".

Jeudi après-midi, la porte-parole de la Maison Blanche avait déjà affirmé, lors d'une conférence de presse éclair à l'issue de laquelle les journalistes n'ont pas pu lui poser de questions, que "le président et son administration" condamnaient "de manière aussi ferme que possible" l'attaque sur le temple de la démocratie américaine.

"Je veux être claire : les violences dont nous avons été témoins hier au Capitole étaient effroyables, répréhensibles et contraires aux valeurs américaines", a accusé Kayleigh McEnany. "L'Amérique doit aujourd'hui se rassembler pour rejeter la violence, dont nous avons été témoins", a-t-elle ajouté.

Changement de ton sous pression

C'est un changement radical dans la communication de la Maison Blanche. La dernière fois que Donald Trump s'était exprimé, c'était dans une vidéo publiée mercredi après-midi dans laquelle il demandait à ses partisans de "rentrer chez eux". "Je vous aime (...). Je comprends votre douleur", avait-il cependant ajouté, choquant une grande partie des Américains. La vidéo avait été quelques temps plus tard retirée par Facebook qui a jugé qu'elle "contribuait aux risques de violence", ainsi que par Twitter. Les deux plateformes avaient ensuite décidé de bannir le compte de Donald Trump, qui n'aura d'ailleurs pas accès à Facebook pendant au moins 15 jours.

Malgré ce ton davantage apaisé, le président américain est de plus en plus isolé. Alors qu'il lui reste 13 jours au pouvoir, certains dans son entourage rapportent que son état mental est de plus instable, selon plusieurs médias américains. De nombreuses figures politiques, démocrates comme républicaines, ont appelé les membres de son cabinet et son vice-président Mike Pence à invoquer le 25e amendement de la Constitution. Celui-ci permet d'écarter le président du pouvoir s'il est inapte à exercer sa fonction. Mais Mike Pence ne serait pas disposé à en arriver là. Selon le New York Times, le vice-président craint sinon d'attiser les tensions.

Les patrons démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, ont prévenu jeudi que si le 25e amendement n'était pas invoqué, ils pourraient lancer une nouvelle procédure de destitution contre Donald Trump. Quelques représentants démocrates ont d'ailleurs annoncé qu'ils se préparaient à présenter des articles d'"impeachment" à la Chambre.

 

 

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine