Wall Street démarre en ordre dispersé après de mauvais chiffres de l'emploi américain

New York (AFP) –

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La Bourse de New York évoluait en ordre dispersé vendredi après de mauvais chiffres de l'emploi américain pour décembre, qui rendent toutefois plus probable la nécessité d'un nouveau soutien économique.

A 15H30 GMT, le Dow Jones, qui avait démarré en hausse à l'ouverture, lâchait 0,22%. Le Nasdaq ralentissait sa course et ne gagnait plus que 0,29%. Le S&P 500 était stable à 0,04%.

La veille, les trois principaux indices de Wall Street avaient tous engrangé de nouveaux records. Le Dow Jones avait gagné 0,69% à 31.041,13 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, avait terminé sur un bond de 2,56% à 13.067,48 points.

L'indice élargi S&P 500 avait progressé de 1,48%, à 3.803,79 points, un nouveau record également.

"Les actions américaines sont allées l'avant au début de cette dernière séance d'une semaine de folie", notaient les analystes de Schwab après les violences de mercredi où une foule pro-Trump a envahi le Capitole.

Quatre protestataires sont morts durant ces incidents, dont une femme touchée par une balle tirée par la police, et un policier a succombé à ses blessures jeudi soir à l'hôpital.

Dans le même temps, l'élection du démocrate Joe Biden a été validée par le Congrès désormais contrôlé par son parti après une double élection sénatoriale en Géorgie.

Vendredi, les marchés digéraient la baisse inattendue des emplois pour décembre.

L'économie américaine a perdu des emplois le mois dernier pour la première fois depuis avril, touchée de plein fouet par la recrudescence des cas de Covid-19 et les mesures de restriction de l'activité.

En décembre, 140.000 emplois ont été perdus. C'est bien pire que ce à quoi s'attendaient les analystes qui tablaient sur 112.000 emplois créés. Le taux de chômage est, lui, resté stable par rapport à novembre, à 6,7% conformément aux attentes, avec 10,7 millions de chômeurs.

Pour les analystes de Schwab, ces mauvais chiffres pourraient "renforcer les attentes d'une relance budgétaire de la part de la nouvelle administration".

Même son de cloche chez Briefing.com où Patrick O'Hare estime que "le marché n'est pas perturbé par les données décevantes de l'emploi car on pense que les vaccins vont permettre de rouvrir l'économie et que davantage de mesures de relance budgétaire sont en préparation par le gouvernement Biden".

Ce sentiment d'optimisme à moyen terme était partagé par plusieurs économistes. "Ces chiffres bien sombres constituent une mauvaise donne pour 2021, mais la reprise du marché du travail devrait se renforcer au printemps et en été avec les vaccinations qui vont améliorer progressivement la situation sanitaire", assurait Lydia Boussour, économiste pour Oxford Economics. Elle prévoit que l'économie recrée 6 millions d'emplois d'ici l'été.

Parmi les actions, Boeing résistait (-0,24%) après avoir été mis à l'amende pour 2,5 milliards de dollars pour avoir trompé les autorités lors du processus d'approbation du 737 MAX.

Le titre de la compagnie américaine de télécommunications Acacia Communications grimpait de plus de 10% après avoir annoncé renoncer à son rachat par Cisco (+0,31%).

L'action Tesla, qui a passé pour la première fois la barre des 800 dollars jeudi faisant de son patron Elon Musk l'homme le plus riche du monde, galopait encore (+5,78%) pour la dixième séance d'affilée.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans continuaient de progresser à 1,1017% contre 1,0795% la veille, au plus haut depuis la mi-mars.