Nicolas Sarkozy, un ancien président rattrapé par les affaires judiciaires

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Paris (AFP)

L'ex-président Nicolas Sarkozy, dont les activités de conseil en Russie font l'objet d'une enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF), vit sa retraite politique sous pression judiciaire.

Le PNF a confirmé vendredi avoir ouvert une enquête pour "trafic d'influence" et "blanchiment de crime ou délit" visant des activités de conseil de M. Sarkozy auprès de la société d'assurances russe Reso Garantia contrôlée par les milliardaires Sergueï et Nikolaï Sarkisov. Selon Mediapart, la justice veut vérifier si l'ancien chef de l'Etat "se serait adonné à des activités de lobbying potentiellement délictuelles".

Voici les autres affaires judiciaires le concernant :

- Procès -

- Les "écoutes": Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d'obtenir d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire. En échange, la promesse d'un soutien pour obtenir un poste à Monaco.

Lors du procès devant le tribunal correctionnel de Paris en novembre-décembre 2020, le parquet a requis quatre ans de prison, dont deux ferme, à l'encontre des trois hommes jugés pour corruption et trafic d'influence. Le jugement sera rendu le 1er mars 2021.

Nicolas Sarkozy avait été mis en examen en 2014 dans ce dossier. En 2016, la Cour de cassation avait validé l'utilisation, contestée, des écoutes téléphoniques entre son avocat et lui.

Des magistrats du PNF sont de leur côté visés depuis septembre 2020 par une enquête administrative, concernant notamment l'examen des factures téléphoniques détaillées de ténors du barreau, lorsqu'ils avaient cherché, en vain, une éventuelle "taupe" ayant prévenu Nicolas Sarkozy qu'il était sur écoute.

- Les comptes de campagne 2012: Nicolas Sarkozy a été mis en examen en 2016 pour "financement illégal de campagne", celle de la présidentielle de 2012, dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Il n'est pas mis en cause pour le système de fausses factures au cœur de la fraude.

Le juge d'instruction Serge Tournaire a ordonné en 2017 le renvoi en correctionnelle de quatorze protagonistes de l'affaire, dont M. Sarkozy pour le dépassement du plafond des dépenses de campagne.

Renaud Van Ruymbeke, l'autre magistrat chargé de l'enquête, s'étant abstenu de signer l'ordonnance, une bataille procédurale a dû être tranchée en appel en octobre 2018, puis en cassation un an plus tard après le rejet d'un recours par le Conseil constitutionnel en mai 2019.

Le procès doit avoir lieu du 17 mars au 15 avril 2021 à Paris.

- Mis en examen -

- Des juges enquêtent depuis 2013 sur des accusations de financement par la Libye de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, formulées par l'intermédiaire Ziad Takieddine et d'ex-dignitaires libyens.

Le 11 novembre 2020, dans une spectaculaire volte-face, M. Takieddine a retiré ses accusations. Le PNF a rétorqué que les charges contre l'ancien président "ne se limitent pas aux déclarations" de l'intermédiaire.

M. Sarkozy a été mis en examen le 21 mars 2018 pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens", puis le 12 octobre 2020 pour "association de malfaiteurs".

Parmi les autres mis en examen figurent l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, l'ancien trésorier de la campagne Eric Woerth, et l'ancien ministre Brice Hortefeux.

- Mis hors de cause -

L'ex-président a bénéficié d'un non-lieu dans plusieurs dossiers: ses voyages en jet privé facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit; ses pénalités réglées par l'UMP pour le dépassement des dépenses de campagne en 2012 ou encore l'affaire des dons octroyés à l'UMP par la richissime héritière du groupe L'Oréal Liliane Bettencourt (décédée en 2017).

Dans l'affaire des sondages surfacturés commandés par l'Elysée, Claude Guéant et d'ex-proches de Nicolas Sarkozy doivent être jugés en correctionnelle, l'ancien chef de l'Etat étant couvert par son immunité présidentielle.

Par ailleurs, le PNF avait lancé des vérifications fin 2017 après la découverte, lors d'une perquisition chez un antiquaire parisien, d'un usage régulier de liquide en grosses coupures par Nicolas Sarkozy. Elles n'ont rien donné, selon une source proche du dossier.