Vendée Globe: match à cinq au large de Recife

Paris (AFP) –

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Près des côtes, point de salut: alors qu'ils longent Recife, à la pointe est du Brésil, les cinq premiers du Vendée Globe cherchent à s'éloigner des terres pour éviter de se retrouver piégés dans des zones moins venteuses.

"On sait qu’à la côte, il y a un petit peu moins de vent, et des phénomènes orageux qui font que c’est moins simple de s’en sortir près du Brésil", expliquait Damien Seguin vendredi en début de matinée.

Cinquième à 52,6 milles (97,4 km) du leader Charlie Dalin, le skipper de Groupe Apicil a choisi la route la plus à l'est dans le groupe de tête. Un choix stratégique opéré depuis "plusieurs jours", et partagé avec Boris Herrmann, troisième.

Le skipper allemand de Seaexplorer-Yacht Club de Monaco navigue à une centaine de milles des côtes brésiliennes, une option manifestement payante puisque Herrmann a réduit de plus de 50 nm en 24 heures son retard sur le leader.

Sur la journée écoulée, seul Jérémie Beyou (Charal), 14e, a fendu les flots plus rapidement que lui, à 16,5 nœuds de moyenne contre 15,7 pour Herrmann.

Deuxième à une vingtaine de milles de Dalin, Louis Burton (Bureau Vallée) a certainement senti le danger. Dans la nuit, il a ainsi altéré sa trajectoire pour filer légèrement plus à l'est.

Et le dernier membre du quintette Thomas Ruyant (LinkedOut), éjecté du podium virtuel par Herrmann, pourrait prochainement faire de même.

A moins de 4.000 milles théoriques du retour aux Sables d'Olonne, la course est serrée et les incertitudes nombreuses.

- Les réparations, "pas évident"! -

"Nous en sommes à près de 70 jours de course et le matériel commence à donner des signes de fatigue", avertit Seguin.

Au sein du peloton de tête, Dalin et Ruyant ont tous deux connu des problèmes de foil, Louis Burton a subi une avalanche d'avaries au large de la Nouvelle-Zélande, Herrmann a déchiré sa grand-voile près du cap Horn...

Autre malchanceuse, Clarisse Crémer (12e, Banque populaire X) a souffert pour réparer son J2, une voile d'avant.

"Je n’ai pas une grosse expérience technique des gros bateaux (...) J’y ai passé la journée et ça n’a pas été évident!", avouait-elle vendredi matin.

Martyrisés par des conditions météorologiques particulièrement difficiles tout au long de cette neuvième édition du Vendée Globe, les premiers skippers approchent du redoutable pot au noir.

Annoncé comme "assez bas en latitude et peu étendu" par la direction de course, "est-il aussi calé que certains semblent le suggérer?", interroge-t-elle.

Non, aimerait répondre Yannick Bestaven. Sixième à moins de 100 nm de Dalin (97 nm précisément, environ 180 km), le skipper de Maître Coq IV sera le premier à bénéficier d'un ralentissement du quintette de tête.