Grèce: une championne olympique félicitée pour avoir levé le tabou sur les agressions sexuelles

Athènes (AFP) –

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L'une des championnes grecques les plus célèbres, Sofia Bekatorou, a été félicitée samedi par les autorités du pays pour avoir révélé avoir été la victime d'agressions sexuelles et levé le tabou sur cette question.

Bekatorou a été plusieurs fois médaillée d'or aux Jeux olympiques et aux championnats du monde en voile, dans la catégorie des 470.

Elle a déclaré jeudi avoir été la victime d'agressions sexuelles commises par un responsable de la fédération grecque de voile, peu après avoir participé à des tests pour les Jeux de Sydney en 2000.

Dans un message sur Facebook, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a affirmé "soutenir" la démarche de Sofia Bekatorou, aujourd'hui âgée de 43 ans, et a incité les autres victimes d'agressions sexuelles à parler.

"Il est temps de mettre fin à la violence exercée par ceux qui ont le pouvoir contre ceux qui sont en position de faiblesse", a notamment écrit le Premier ministre.

La championne a précisé qu'elle était âgée de 21 ans quand elle a été la cible de "harcèlement sexuel et d'abus" dans une chambre d'hôtel de la part d'un membre important de la fédération dont elle a tu le nom. Selon des informations non confirmées, elle l'aurait toutefois révélé à un procureur.

- Deux autres athlètes ont parlé... -

Aujourd'hui mère de deux enfants, elle a indiqué ne pas avoir voulu parler à l'époque par crainte de se voir empêchée de poursuivre sa carrière, ajoutant que l'auteur des faits occupe toujours "une position élevée" au sein de la fédération.

"A l'époque, nous n'avions aucun soutien de la part d'un psychologue du sport et je ne voulais pas en parler à mes parents car ils m'auraient interdit de continuer à faire de la voile", a-t-elle ajouté lors d'une téléconférence organisée par les autorités grecques sur les abus sexuels.

Sofia Bekatorou est l'une des championnes grecques les plus médaillées. Elle a remporté l'or aux Jeux d'Athènes en 2004 et le bronze à Pékin quatre ans plus tard. Elle compte également quatre médailles d'or aux championnats du monde et deux aux championnats d'Europe, auxquelles s'ajoutent d'autres podiums.

La ministre adjointe du Travail, Maria Syreggela, a estimé samedi que la décision de Sofia Bekatorou de révéler cette affaire "était plus importante que les dix médailles qu'elle a rapportées à la Grèce".

La fédération grecque de voile a encouragé l'athlète à "fournir des détails", s'engageant à prendre des mesures "si celles-ci relevaient de sa responsabilité". Mais Sofia Bekatorou a jugé cette réponse "inacceptable".

"Compte tenu de la réponse de la fédération, nous pouvons tous comprendre pourquoi je n'ai pas parlé" à l'époque, a-t-elle déclaré samedi à la chaine Open TV.

Ses révélations ont déjà incité deux autres athlètes grecques à évoquer des faits similaires.

La joueuse de water-polo Mania Bikof a indiqué qu'elle avait été contrainte d'exposer sa poitrine lors de l'examen d'une blessure à l'épaule alors que l'ancienne nageuse Rabea Iatridou a indiqué avoir été victime d'attouchements.