Hand: touché par le Covid-19, le Cap-Vert contraint de quitter le Mondial

Le Caire (AFP) –

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Après la République tchèque et les Etats-Unis avant le coup d'envoi du tournoi, une autre sélection a été contrainte lundi de quitter le Mondial de handball en Egypte: le Cap-Vert, qui découvrait la compétition, n'avait plus que neuf joueurs aptes après de nombreux cas de Covid-19.

La sélection de l'archipel atlantique, arrivée avec onze joueurs au Caire, a joué un match face à la Hongrie (défaite 34-27) avant que deux joueurs supplémentaires ne soient testés positifs au coronavirus.

Or, il faut au moins dix joueurs pour participer, selon les règles édictées par la Fédération internationale (IHF).

"Comme le Cap-Vert fait toujours face à des difficultés pour aligner au moins dix joueurs et être capable de concourir selon les règles établies, il a décidé de se retirer", a expliqué l'IHF.

"Les dispositions nécessaires sont en train d'être prises afin de permettre le retour de l'équipe au Cap-Vert", a-t-elle ajouté.

L'Uruguay, qui devait affronter le Cap-Vert mardi, obtient donc la victoire par forfait (10-0) et accompagne l'Allemagne, déjà vainqueur sur tapis vert samedi, et la Hongrie au tour principal de ce premier Mondial à 32 équipes, contre 24 auparavant.

Ce forfait ne bouleverse pas la compétition, le Cap-Vert étant l'un des trois novices, promis à une élimination rapide, avec l'Uruguay et la République démocratique du Congo.

- Peur sur la Hongrie -

Mais il fait craindre une éventuelle contamination au sein de l'équipe hongroise, seule équipe ayant croisé le néophyte africain.

Mardi à la veille du match d'ouverture, République tchèque et Etats-Unis avaient renoncé à venir en Egypte en raison d'une contamination massive de leur effectif au Covid-19.

Ils avaient été remplacés à la dernière minute par la Macédoine du Nord et la Suisse, cette dernière ayant débarqué au Caire quelques heures avant son premier match, remporté face à l'Autriche (28-25).

Malgré les risques de contamination et les difficultés logistiques pour mettre en place des bulles sanitaires, le pouvoir égyptien, directement impliqué dans l'organisation de l'événement, et la Fédération internationale, présidée depuis deux décennies par l'Égyptien Hassan Moustafa, ont tout fait pour maintenir cette vitrine, premier Mondial d'un sport collectif majeur depuis le début de la pandémie.

Quitte à sacrifier, sur demande des joueurs, les spectateurs au dernier moment --une jauge à 30 puis 20% était prévue auparavant-- alors que trois des quatre enceintes ont été construites pour l'occasion: la salle de la nouvelle capitale (7.500 places) à l'est du Caire, celle de la Ville du 6 Octobre (5.200) et celle d'Alexandrie (5.000).

- "Entre privilège et folie" -

Pour chacun des sites, un grand hôtel capable de loger huit équipes, les organisateurs et les rares médias accrédités a été érigé en bulle sanitaire au premier tour. Mais la rigueur du protocole sanitaire laisse souvent à désirer, comme le constate l'AFP sur place, que ce soit dans l'organisation des tests PCR ou le respect des gestes barrière.

Le Mondial égyptien est "un mélange entre privilège et folie", a estimé le demi-centre français Kentin Mahé dimanche dans un entretien à l'AFP. "Je ne sais pas si c'était une bonne idée de faire un championnat du monde et d'avoir 32 équipes, avec des délégations de 30 personnes au moins, ça fait 1000 personnes à gérer, plus tout le personnel... C'est quasiment impossible de faire ça correctement même si les autorités, ici, font de leur mieux."

Avec la mésaventure du Cap-Vert, l'édition 2021 "ressemble un peu à un cirque", estime le meneur de jeu français. "J'ai l'impression qu'en trois-quatre jours, on met la clé sous la porte et tout le monde rentre chez soi. C'est un peu bizarre et la nation qui arrivera à faire abstraction de tous ces problèmes (...) a de bonnes chances d'aller loin dans cette compétition."

La finale se tiendra le 31 janvier dans l'immense salle des sports du Caire (17.000) privée de spectateurs.