Inceste: Castaner (LREM) défend un durcissement de la loi

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Paris (AFP)

Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, a plaidé mardi pour un durcissement de la loi contre l'inceste en estimant qu'il faudra "si nécessaire donner la qualification pénale à ce crime".

"Il faut libérer cette parole (des victimes, NDLR) et si nécessaire, évidemment, donner la qualification pénale à ce crime, car ça n'est rien d'autre qu'un crime", a-t-il considéré sur RTL, en relevant que "l'empilement de lois" n'a "peut-être" à ce jour "pas suffisamment permis de protéger les enfants".

L'inceste ne constitue pas selon le Code pénal une infraction spécifique: un viol ou une agression sexuelle commise par un ascendant de la victime n'est considéré que comme une circonstance aggravante.

Un viol incestueux est puni de vingt ans de réclusion criminelle au maximum.

Evoquant le rapport de la députée (LREM) Alexandra Louis qui propose de durcir la loi, Christophe Castaner a assuré que la majorité "fer(a) en sorte que la loi change si l'ensemble des acteurs considèrent qu'il est nécessaire qu'elle change".

"Je ne suis pas spécialiste mais je pense qu'il le faut, et à ce moment-là peu importe le véhicule" législatif, a-t-il ajouté, alors que le Sénat examinera jeudi une proposition de loi visant à créer un nouveau crime sexuel pour protéger les mineurs de moins de treize ans.

"Si un changement de la loi mais aussi une politique de prévention, un travail au niveau de la médecine scolaire permettent d'identifier et faire en sorte qu'on puisse lutter contre ce fléau, faisons-le, n'hésitons pas", a-t-il exhorté.

Dans le sillage de l'affaire Olivier Duhamel, politologue de renom accusé par sa belle-fille Camille Kouchner de viols incestueux sur son jumeau adolescent, un hashtag #Metooinceste a suscité depuis samedi "des centaines" de témoignages sur Twitter, selon le mouvement féministe #Noustoutes.

L'épouse du chef de l'Etat, Brigitte Macron, a souhaité dimanche une réforme judiciaire pour lutter contre l'inceste.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a dit mardi sur France Inter être "tout à fait sur la position de Brigitte Macron" et être "spontanément très favorable à l'imprescriptibilité" de ces actes "atroces". Mais il a relevé que "ce n'est pas au niveau de la loi que ça se passe, c'est un sujet constitutionnel".

Le député Aurélien Taché, co-président des Nouveaux démocrates, a pour sa part estimé sur Sud Radio "qu'il faut pouvoir aller vers" une infraction spécifique, et "surtout que ceux qui ont commis ces crimes il y a 20 ou 30 ans ou plus puissent être poursuivis" grâce à l'imprescriptibilité.