Mondial de hand: le Portugal, étoile montante

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Le Caire (AFP)

Le Portugal, adversaire de la France dimanche au Mondial de handball en Egypte, s'est hissé au niveau des meilleures nations en l'espace de deux ans grâce à son ossature du FC Porto, des moyens améliorés et l'apport de Cubains naturalisés.

La Seleçao de Cristiano Ronaldo n'est plus la seule sur la scène sportive internationale. Depuis 2020 et leur irruption remarquée à l'Euro, avec des succès sur la France, la Bosnie, la Suède et la Hongrie, les "Herois do Mar" (les héros de la mer) ont pris un sacré poids, au point d'acquérir le statut de tête de série dans ce Mondial.

Un statut auquel les Lusitaniens ont fait honneur en dominant Islande, Maroc et Algérie au premier tour, avant de céder d'un rien (29-28) face à la Norvège de Sander Sagosen au tour principal.

Cela n'a pas entamé leurs ambitions, désormais débordantes: "venir aux grands championnats et gagner des médailles", ose ainsi l'arrière gauche Gilberto Duarte, âgé 30 ans.

Le Montpelliérain était absent sur blessure à l'Euro, et après une année 2020 perturbée par la pandémie, il a senti la différence. "Beaucoup de choses ont changé, de la logistique à l'équipe elle-même, et l'état d'esprit n'est plus le même. Nous progressons à chaque championnat et chaque campagne de qualifications. Chaque année c'est de mieux en mieux", savoure Duarte.

Pour une sélection dont les seules et maigres références remontaient au début des années 2000 - 8e de finale lors du Mondial 2001 en France -, l'Euro a tout changé. "Pendant longtemps, nous n'étions pas qualifiés et la première fois que nous revenons dans une grande compétition, nous réalisons une grande performance", explique Duarte. "La confiance, c'est un tout."

- Les exploits de Porto -

"Nous avions de bons joueurs, et aussi de bons entraîneurs, mais jusqu'ici nous n'étions pas là pour le montrer", estime de son côté Paulo Pereira. Sélectionneur depuis 2016, ce francophone récolte les fruits d'une culture du handball bien ancrée dans les trois illustres clubs multisports du pays, le FC Porto, Benfica et le Sporting, auxquels il faut ajouter Belenenses, autre formation lisboète.

L'équipe nationale est ainsi constituée pour moitié de joueurs de Porto: le gardien Alfredo Quintana, les demi-centres Rui Silva et Miguel Martins, les pivots Victor Iturriza et Daymaro Salina, les arrières gauches Fabio Magalhaes et André Gomes, les ailiers Diogo Branquinho et Antonio Areia. "Ils jouent toute l'année ensemble, ils ont beaucoup de vécu commun", souligne l'entraîneur français Guillaume Gille.

Surtout si, en parallèle, Porto progresse dans la hiérarchie européenne: la saison dernière en Ligue des champions, le club du nord du pays a ainsi réussi l'exploit de s'imposer à Kiel (28-27), futur champion d'Europe, et à Montpellier (27-22), sacré en 2018.

Pour Pereira, passé par Porto puis les sélections féminines de l'Angola et de la Tunisie, les moyens de la sélection se sont aussi constamment améliorés. "On était 5-6 personnes dans le staff, maintenant on est 10", retrace celui qui devait, au début de son mandat, faire lui-même l'analyste vidéo.

- Iturriza, tour défensive -

Autre facteur important, la naturalisation de 4 Cubains, tous joueurs ou anciens de Porto: le gardien Quintana, les pivots Salina, Iturriza et Borges, ce dernier ayant rejoint Duarte à Montpellier.

"Ils sont très fort physiquement mais avaient beaucoup de difficultés sur les détails, la base du jeu", souligne Pereira à propos de leur intégration. "Petit à petit, ils ont grandi et nous aident beaucoup."

Naturalisé en 2020 après avoir rompu avec la fédération cubaine "pour raisons politiques", Iturriza (1,94 m pour 120 kg) a hâte de se frotter à Ludovic Fabregas et Luka Karabatic, "de grands pivots", selon lui.

Si avec Iturriza et Duarte, le Portugal "peut vraiment avoir une défense", selon Pereira, "il manque un gardien plus efficace et, en attaque, quelqu'un pour marquer aux 6 m", estime le journaliste de RTP Nuno Perlouro.

Même sans ça, le Portugal croit désormais en ses chances dimanche contre les Bleus. "Pour nous, c'est une finale", annonce Magalhaes.