Rallye: Adrien Fourmaux le "médecin" qui veut briller après Ogier

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Gap (AFP)

Il y a eu les Sébastien, Loeb puis Ogier. Mais demain, qui fera les beaux jours du rallye français ? Adrien Fourmaux, qui a arrêté sa 4e année de médecine pour vivre son rêve, est un des principaux espoirs tricolores.

Les chiffres, vertigineux, peuvent intimider: Loeb et Ogier cumulent 16 titres sur 17 possibles depuis 2004, et Ogier pourrait ajouter son huitième personnel cette année, avant de tirer sa révérence.

Pour leur succéder dans le coeur des Français, deux jeunes pilotes sont au coude-à-coude sur les routes du championnat du monde: le Corse de 23 ans Pierre-Louis Loubet, fils d'Yves Loubet, champion d'Europe des rallyes 1984, et le Nordiste de 25 ans Adrien Fourmaux.

Si Loubet, champion du monde 2019 en catégorie WRC2, l'antichambre de l'élite, a une longueur d'avance et a obtenu un programme complet pour 2021 en WRC, Fourmaux connaît une ascension fulgurante après un parcours atypique.

Car s'il joue aujourd'hui au volant d'une WRC2 dans le Top 10 du Rallye Monte-Carlo, première manche de la saison qui se termine dimanche, Fourmaux était parti pour devenir... chirurgien.

- "Il avait juste le permis" -

"Tout a commencé quand j'étais sur les bancs de la fac en 4e année de médecine, je me suis dit +j'aimerais bien voir où je peux me situer+", explique à l'AFP le natif de Seclin, près de Lille.

Résultat ? Il remporte en 2016 le Rallye Jeunes de la Fédération française des sports automobiles (FFSA), organisée chaque année pour trouver le futur cador des rallyes.

Puis tout s'enchaîne: champion de France juniors 2018, première participation au niveau mondial en 2019, 3e en WRC2 en 2020, avant de s'attaquer au WRC aujourd'hui.

"Adrien avait juste le permis de conduire, exactement comme Sébastien Ogier et Sébastien Loeb. Il n'avait jamais conduit avant, il a été détecté parmi 5.000 jeunes et aujourd'hui il est en passe de rentrer assez fort dans le WRC, donc on est assez fiers de ça", explique Nicolas Deschaux, président de la FFSA.

Le grand brun vit désormais son rêve et dans ses yeux bleus scintille sa passion pour l'automobile, héritée de son père et partagée avec le frère, un temps son copilote.

Enfant, il découvre aussi ce monde "avec les jeux vidéo, qui nous ont fait aller voir des rallyes, au Touquet, puis le Monte-Carlo".

Une fois repéré par la FFSA, il a d'abord essayé d'opérer sur les deux fronts, rallye et médecine, mais a vite arrêté cette double vie: "J'allais d'échec en échec, à vouloir faire les deux je faisais tout à moitié".

- "Sacrifices" -

Aujourd'hui regrette-t-il d'avoir choisi ? "Non, nullement. La médecine c'était mon choix, j'ai fait des sacrifices pour avoir ma première année du premier coup, j'ai vécu chez ma grand-mère pour éviter les tentations, mais d'un autre côté j'ai toujours été passionné de pilotage, j'ai toujours aimé avoir le volant dans les mains".

Fourmaux estime aujourd'hui que ces années médecine l'aident beaucoup "pour la charge de travail, la rigueur et la méthodologie, dans l'analyse de ce que je fais. Les médecins comme les pilotes doivent toujours se remettre en question".

Entre son village du Nord, lieu de vie et base de sorties VTT, son autre passion, et les routes du monde entier (le championnat du monde est prévu sur quatre continents en 2021, si le Covid-19 le permet), Fourmaux est prêt à prendre la relève d'Ogier, qu'il admire.

"C'est gratifiant (d'être présenté comme le renouveau, ndlr), c'est une bonne pression", dit-il, soulignant vouloir avant tout "faire (sa) carrière sans (se) brûler les ailes".

Finir avec un bon classement le Monte-Carlo, le plus historique des rallyes, serait un premier point positif, avant de débuter dans la catégorie reine, normalement en avril en Croatie.