Vendée Globe: "Comme un petit air de retour à la maison" pour Pip Hare

En mer (AFP) –

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L'Anglaise Pip Hare réussit un tour du monde en solitaire époustouflant sur un vieux bateau pour son tout premier Vendée Globe. Après avoir bravé les terribles tempêtes des mers du sud, elle se prépare doucement à rentrer "à la maison", comme elle le raconte dans son carnet de bord pour l'AFP.

La navigatrice de 46 ans et son bateau Medallia, qui naviguent dans l'Atlantique sud, pointent à la 17e place samedi soir, alors que la tête de flotte est attendue mercredi aux Sables d'Olonne (Vendée).

"Il y a clairement un changement à bord de Medallia. Les journées sont plus chaudes, la météo est moins terrible et je peux ressentir comme un petit air de retour à la maison. Et je me suis enfin extirpée de ce cycle infernal dans lequel j’étais et où, sans cesse, je me préparais à une tempête, j'affrontais une tempête, je me remettais d’une tempête et je réparais les dommages causés par une tempête.

Hier a marqué une grande étape importante – j’ai pris ma première douche depuis deux semaines ! Je n’avais juste pas eu le temps (ou la température) pour une vraie douche, donc c’était la première sur une longue liste de choses à faire. Et ça m’a fait du bien – c’est incroyable ce que deux seaux d’eau fraîche peuvent faire pour vous. Je me sens toute neuve.

Et j’en avais besoin. La semaine dernière j’ai vécu ma tempête la plus terrible à ce jour. J’en avais peut-être fini avec les mers du sud, mais ça m’a rappelé qu’il restait encore un long chemin à faire. Après avoir fait un malheureux choix de navigation, j’ai fini au coeur d’une dépression, dans laquelle les vents atteignaient 50 noeuds. Mais ce qui était vraiment difficile c’était l’état de la mer après que la dépression fut passée. Elle était désordonnée et abrupte et Medallia donnait l’impression qu’elle tombait d’une falaise alors qu’elle venait de s’écraser au sommet. C’est sur l’une de ces descente fracassante que la ligne de quille s’est cassée. J’ai donc passé quelques heures à la changer – ce n’est pas une tâche particulièrement difficile mais tout se fait dans le noir, dans une coque exiguë avec de l’eau giclant sur moi.

Mais j’ai été bien récompensée ces derniers jours en naviguant de façon pleinement agréable. Medallia et moi progressons avec satisfaction vers le Nord et nous pouvons même rattraper le groupe devant nous. Maintenant que je me suis douchée, je continue ma liste de choses à faire, en commençant par remplacer mon J3 par un adorable, frais et tout neuf J3. Je savais que cette voile s’userait dans les mers du sud et j’avais prévu de longue date de la changer pour le dernier tronçon du parcours. Faire ce changement veut donc dire que je suis vraiment en route pour la maison".

Propos recueillis par Sabine COLPART