Face aux crises et l'abstention, le MoDem propose de "moderniser" le vote

Paris (AFP) –

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Vote par correspondance ou électronique, reconnaissance du bulletin blanc, proportionnelle: le MoDem a adopté mardi soir un Livre blanc destiné à "moderniser" les élections, en espérant mettre en place certaines propositions dès les régionales et départementales de juin prochain.

Cette réflexion, qui reprend des mesures portées depuis longtemps par le mouvement centriste, avait été initiée par François Bayrou à l'issue des élections municipales de 2020, dont le 2e tour avait dû être reporté de mars à juin en raison de l'épidémie de coronavirus.

"La France doit pouvoir traverser les crises sans mettre la démocratie à l'arrêt", souligne auprès de l'AFP le député des Yvelines Jean-Noël Barrot, qui a chapeauté ce Livre blanc. Pointant le "taux d'abstention record" des dernières municipales, le secrétaire général du MoDem observe ainsi que "la meilleure garantie que les élections puissent se tenir c'est de moderniser notre processus".

Parmi les propositions formulées, une partie devrait être transformée en amendements au projet de loi sur le report des élections régionales et départementales, qui arrive à l'Assemblée la semaine prochaine. Cela concerne l'instauration du "vote par correspondance, en complément du vote classique", la facilitation de l'inscription sur les listes électorales (automatisation en cas de déménagement, délais plus courts) ou encore la reconnaissance du vote blanc, que le MoDem souhaite réellement voir mise en place à l'horizon des municipales de 2026.

Alors que le parti centriste mène actuellement une offensive tous azimuts sur ce thème, l'instauration de la proportionnelle à un tour dès les élections législatives de 2022 fera aussi l'objet d'un amendement, mais qui sera probablement retoqué en raison de son éloignement du sujet.

M. Barrot plaide également pour "autoriser la publicité politique dans la presse et sur les réseaux sociaux jusqu’à trois semaines avant" les élections régionales et départementales.

Fervent défenseur du vote par internet, le secrétaire général pousse pour son déploiement lors des européennes de 2024, une date qui permettra "de traiter les sujets techniques et juridiques" induits. "Les risques de fraude sont limités et ne sont pas plus élevés que pour n'importe quel type d’élection", assure-t-il.

Il souhaite également ouvrir le portage des procurations aux citoyens d'un même département - et non plus d'une même commune -, rendre obligatoire la photo du candidat ou de la tête de liste sur les bulletins de vote, ou encore la création d'une "application électorale qui permettrait à chacun de vérifier son inscription électorale, être informé des dates, accéder à un comparateur entre les programmes simplifiés des candidats, faire une procuration, faire un vote électronique".