Mondial de hand: Le Caire, point de départ d'un nouvel âge d'or suédois?

Le légendaire demi-centre suédois, Magnus Wislander (c), lors du 2e tour du Mondial 2003 contre la Hongrie, à Espinho au Portugal, le 29 janvier
Le légendaire demi-centre suédois, Magnus Wislander (c), lors du 2e tour du Mondial 2003 contre la Hongrie, à Espinho au Portugal, le 29 janvier FRANCOIS GUILLOT AFP/Archives
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Le Caire (AFP)

Au Caire, là même où la Suède a remporté son dernier titre mondial en 1999, une jeune génération scandinave sans complexe veut remettre le royaume sur le devant de la scène internationale. Cela par une victoire vendredi sur la France, qui l'a supplantée comme nation dominante.

Le temps passe, et Magnus Wislander, aujourd'hui âgé de 56 ans, a oublié certains détails de l'aventure égyptienne vécue il y a plus de 20 ans. "Je me souviens bien d'avoir reçu un carton rouge et de m'être battu avec un spectateur...", distille à l'AFP le légendaire demi-centre, élu joueur du XXe siècle par la Fédération internationale (IHF).

Aujourd'hui consultant pour Swedish Radio, Wislander garde tout de même en tête la joie d'un second sacre mondial (après 1990) en Égypte, lui qui a également remporté quatre Euros (de 1994 à 2002) avec la génération dorée: Stefan Lövgren, Staffan Olsson, Magnus Andersson... Leur éternel regret restera d'avoir échoué trois fois en finale olympique, à Barcelone, Atlanta puis Sydney.

L'empire suédois s'est brusquement éteint au tournant du millénaire, laissant la place à un rival encore plus puissant, la France, qui l'a dépassé au tableau des médailles (6 Mondiaux, 3 Euros, 2 JO). "C'est toujours difficile de garder un haut niveau mondial sur le long terme. Ce qu'a fait la France depuis 25 ans, alors que les autres pays connaissent des hauts et des bas, est incroyable", admire Wislander.

Les Suédois ont bien connu l'espoir d'un renouveau au Mondial 2011 à domicile (4e), puis en 2012 aux JO de Londres, battus d'un rien en finale par les Français (22-21), et encore à l'Euro 2018 en Croatie, dominés en finale par les Espagnols (29-23). Mais ils ne font plus peur depuis longtemps.

- Championnat faible -

"Le problème en Suède", pays six fois moins peuplé que la France, c'est qu'elle manque de bras, explique Wislander. "Nous n'avons pas assez de joueurs dans les clubs, pas assez de public dans les salles. Les clubs du championnat viennent de petites villes. Il y en a trois à Göteborg mais aucun à Stockholm, la capitale où se trouvent les gens et les entreprises qui comptent."

Les pépites suédoises se sont donc exilées: Alfred Jönsson (22 ans) joue à Hanovre, Felix Claar et Lukas Sandell (23) à Aalborg (Danemark), Lucas Pellas (25) à Montpellier et Valter Chrintz (20 ans) à Berlin.

Une des clés du renouveau suédois. "Bien sûr, c'est mieux de jouer en Allemagne ou en France, mais le plus important, c'est qu'ils aient du temps de jeu dans ces clubs. Des joueurs comme Carlsbogard, Gottfridsson, Wanne, Palicka ont un gros temps de jeu en club et c'est ce qui leur donne de l'expérience et les fait progresser."

- Un sélectionneur norvégien -

Progression dont le nouveau sélectionneur Glenn Solberg, un ancien international norvégien, tire profit en Égypte, dès sa première compétition à la tête du voisin scandinave. Vainqueur sur le fil du pays hôte au premier tour (24-23), la jeune équipe suédoise a ensuite neutralisé la Slovénie (28-28) avant de disposer du Qatar en quarts (35-23).

"Je suis surpris et très satisfait de la manière dont ils ont joué jusqu'ici", savoure Wislander. "C'est une nouvelle équipe, neuf joueurs participent à leur premier tournoi majeur et beaucoup ont moins de dix sélections à leur actif: Jönsson, Carlsbogard, Persson, Sandell, Pellas n'ont pas beaucoup joué pour la Suède."

L'avenir est donc prometteur pour les Suédois, avec le luxe du temps pour forger un vécu commun. En attaque, l'équipe séduit par son jeu rapide et ses combinaisons dans l'axe ou aux ailes; en défense, l'arrière gauche Jonathan Carlsbogard (25 ans) et le pivot Max Darj (29) ont crevé l'écran. "Carlsbogard est pour moi l'un des meilleurs défenseurs du tournoi, et Max Darj est partout, avant que l'adversaire ne puisse être dangereux."

Les Suédois ont cependant perdu l'arrière droit d'Ivry Linus Persson, autre bonne surprise du groupe, et doivent "gagner du muscle" pour espérer rivaliser avec les meilleurs. Pour Wislander, "la France est favorite, mais on ne sait jamais..."