Primaire écolo: Sandrine Rousseau espère "perturber" les plans de Jadot et Piolle

Sandrine Rousseau à Paris le 10 décembre 2020
Sandrine Rousseau à Paris le 10 décembre 2020 JOEL SAGET AFP/Archives
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Paris (AFP)

L'ancienne numéro 2 d'EELV Sandrine Rousseau, candidate à la primaire écologiste de septembre pour la présidentielle, veut "perturber" les plans de Yannick Jadot et Eric Piolle, ses probables adversaires, en portant "une radicalité environnementale", a-t-elle déclaré jeudi à l'AFP.

Mme Rousseau, qui a été secrétaire nationale adjointe du parti et candidate aux régionales en Île-de-France en 2015, est pour l'heure la seule candidate officiellement déclarée à la primaire du pôle écologiste.

Mais les nombreuses interventions médiatiques de l'eurodéputé Yannick Jadot et du maire de Grenoble Eric Piolle laissent peu de doutes sur leurs intentions.

"Ils avaient un plan en tête que j'ai perturbé" fin 2020, a confié Sandrine Rousseau à l'AFP, avant sa conférence de presse jeudi.

Sa candidature est en partie motivée par "un message à envoyer aux victimes de violences sexuelles: leur parcours ne s'arrête pas quand elles décident de les dénoncer", a-t-elle ajouté.

Elle faisait référence aux accusations d'agressions et harcèlements sexuels qu'elle et plusieurs femmes du parti avaient formulées contre l'ancien député de Paris, Denis Baupin, dans la presse en 2016. L'affaire, prescrite, avait été classée sans suite, mais un procès en diffamation intenté par Denis Baupin en avril 2019 avait débouché sur sa condamnation pour procédure abusive.

"Le moment est aux femmes politiques", a estimé Mme Rousseau, chercheuse en économie de l'environnement, spécialiste de la précarité, actuellement vice-présidente de l'Université de Lille en charge de la vie étudiante.

Sandrine Rousseau a aussi jugé se démarquer de ses futurs adversaires en portant "une radicalité environnementale": "on peut être sincère sur la situation avec les Français car on ne peut pas continuer comme ça".

Elle a par exemple cité la reprise "sans filtre" des propositions de la Convention citoyenne sur le climat, "une taxation carbone des entreprises" remplaçant en partie les impôts de production ou encore des politiques favorisant l'agriculture urbaine, la biodiversité et ne subventionnant plus les activités polluantes.

La candidate a prévenu: "Il n'y aura pas de transition écologique sans un Etat fort, qui intervient", notamment via la fiscalité, qui porte actuellement "beaucoup trop sur le travail".

En outre selon elle, la crise sociale qui s'annonce exige une expérimentation de la diminution du temps de travail.