Winter X Games: "L'orage va arriver à un moment ou un autre" prévient Antoine Adelisse

Le Français Antoine Adelisse lors de qualifications de ski slopestyle à Breckenridge (Colorado), le 14 décembre 2017
Le Français Antoine Adelisse lors de qualifications de ski slopestyle à Breckenridge (Colorado), le 14 décembre 2017 EZRA SHAW GETTY IMAGES/AFP/Archives
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Aspen (Etats-Unis) (AFP)

Quatrième des Winter X Games 2020 et seul Français présent à Aspen de vendredi à dimanche pour l'édition 2021 du grand rendez-vous des sports extrêmes hivernaux, Antoine Adelisse raconte à l'AFP cette saison "étrange" chamboulée par la pandémie. "L'orage va arriver à un moment ou un autre", prévient-il sur son impact sportif et financier.

Q: Comment vivez-vous cette saison très particulière, bouleversée par la crise sanitaire ?

R: "Il y a beaucoup d'incertitudes, on a beaucoup de courses décalées, annulées ou remplacées. Je pars donc du principe que tout peut arriver et que l'on peut avoir une saison blanche. Pour l'instant, on n'a eu que deux courses en Coupe du monde, donc chaque départ que je prends, j'estime que c'est une chance. Chaque départ est un nouveau dilemme et un nouveau défi. On vit quelque chose de particulier mais c'est notre rôle de nous adapter et de prouver le maximum de choses dans le peu de compétitions que l'on peut avoir. Sur le peu de courses que l'on aura, il faudra se donner à 200%."

Q: Cette situation pèse-t-elle sur le moral ?

R: "C'est un facteur qu'il faut prendre en compte mais j'essaye de mettre ça de côté, de penser aux objectifs à long terme et ne pas trop m'attarder sur les problèmes actuels. Je vise les Jeux olympiques de 2022 à Pékin et il faut que je m'adapte à tout. Je pars du principe que rien n'est certain et que tout ce qui se fait est du bonus."

Q: Des X Games sans public, qu'est-ce que cela change ?

R: "Le contexte sera différent mais je reste un athlète et je suis là avant tout pour la performance. Cela me plaît beaucoup quand il y a du public, mais la priorité pour moi ça reste d'effectuer mon sport de mon mieux, de montrer mon côté artistique. On est une discipline qui a l'habitude de faire le show donc à huis clos ce sera différent mais les coureurs seront les mêmes et le niveau sera aussi élevé que d'habitude."

Q: Quel est selon bous l'impact financier de cette crise sanitaire ?

R: "La crise sanitaire a coupé ma saison prématurément l'année dernière. On avait encore quelques courses à effectuer. L'intégralité du monde du ski a été touchée par la crise, aussi bien mes sponsors que les saisonniers, mes amis, mes parents, qui travaillent en station. J'aurais aimé avoir plus de retombées médiatiques après mes résultats de la saison dernière et ma victoire aux X Games mais les renégociations de contrat ont été plus tendues. Malheureusement tout le monde va subir les conséquences de la crise. D'autant que le monde du ski est un milieu assez fragile. L'orage va arriver à un moment ou un autre. Il va falloir être bon parce qu'en ski freestyle, on est énormément dépendants de nos sponsors, du mécénat, qui nous permettent de financer une grande partie de notre saison."

Q: Comment jugez-vous votre saison actuelle ?

R: "L'an dernier, j'ai vécu la meilleure saison de ma vie, c'était au-delà de mes espérances, c'était exceptionnel. Cette saison démarre plutôt bien sur le plan sportif mais c'est une saison étrange du fait des incertitudes. Après, avec mon entraîneur, on se dit que si on a moins de compétition, on aura plus de temps pour s'entraîner. Ce qui va me permettre d'avoir un meilleur bagage technique et une meilleure préparation pour les prochains Jeux olympiques."

Q: Vous êtes connu pour votre côté spectaculaire. Avez-vous de nouvelles figures en préparation ?

R: "Le côté artistique de notre sport me plaît beaucoup. Je fais beaucoup de plans dans ma tête, j'imagine des sauts que personne n'a encore pensés ou réalisés. C'est mon objectif mais ça devient compliqué parce qu'il y a de plus en plus d'athlètes complets qui réalisent des figures incroyables. On a du temps cette année et on va essayer de l'utiliser à bon escient pour réaliser de nouveaux sauts encore jamais vus."

Propos recueillis par Keyvan NARAGHI