Le XV de France replié dans son cocon pour dissiper le spectre du coronavirus

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Paris (AFP)

Un joueur privé de stage car positif au Covid-19, le Stade toulousain, grand pourvoyeur d'internationaux, confronté à des contaminations: le spectre du coronavirus rôde autour du XV de France, replié dans sa bulle pour limiter les risques.

"On ne sort de l'hôtel (privatisé) que pour l'entraînement, on passe deux ou trois tests par semaine. Donc on fait vraiment tout ce qu'on peut pour rester dans les règles et faire gaffe", a expliqué le deuxième ligne montpelliérain Paul Willemse samedi lors d'un point presse en visioconférence.

Jusqu'ici tout va bien. Les autorités françaises ont validé dans la semaine le protocole sanitaire présenté par les organisateurs du Tournoi. Et les Bleus, réunis à Nice depuis dimanche, poursuivent leur préparation pour le match d'ouverture, le 6 février à Rome face à l'Italie, en suivant un protocole sanitaire strict et renforcé.

Afin de limiter les va-et-vient des joueurs entre le cocon niçois et leur club, le groupe France ne peut plus compter 42 joueurs mais 31 au maximum, et ce pour l'intégralité du Tournoi (6 février - 20 mars). La Fédération (FFR) et la Ligue (LNR) ont officialisé un nouvel accord en ce sens samedi. La résurgence de la pandémie et les reports de matches de Top 14, qui vont avec, ont poussé l'encadrement des Bleus à s'adapter.

Dernièrement, le deuxième ligne rochelais Thomas Lavault, positif au coronavirus a dû quitter Nice avant même d'avoir pu intégrer la bulle.

Et le Stade toulousain, leader du championnat et l'un des plus gros fournisseurs d'internationaux français, a enregistré deux cas positifs et un troisième joueur qui présentait des "symptômes douteux". Cette situation a provoqué l'ajournement du choc au sommet face à La Rochelle, prévu à l'origine dimanche. Les Toulousains avaient disputé leur dernier match le week-end dernier à Agen, où des cas positifs ont aussi été détectés dans la semaine.

- Tuer l'ennui -

Six joueurs convoqués au stage niçois ont participé à ce match. François Cros et Selevasio Tolofua, remis à disposition de leur club jeudi, ainsi que Cyril Baille, Julien Marchand, Dorian Aldegheri et Antoine Dupont qui poursuivent tous les quatre la préparation avec les Bleus.

"On est testés plusieurs fois par semaine, donc on sait régulièrement si un joueur a des symptômes ou pas. Il s'avère que tous les joueurs toulousains (en équipe de France) ont été testés négatifs, donc on continue notre processus pour jouer le Tournoi", a souligné samedi le troisième ligne bordelais Cameron Woki.

Cette atmosphère anxiogène est-elle perturbante? "Cela ne change pas du tout notre fonctionnement", a répondu l'ouvreur toulonnais Louis Carbonel qui s'apprêtait, avec ses vingt-sept partenaires, à participer à une opposition "à haute intensité" dans la soirée.

Organiser ces séances avec trente-et-un joueurs maximum au lieu de quarante-deux a-t-il un impact? "Trente-et-un joueurs, ça suffit pour faire de belles oppositions. L'équipe de France à VII (également en stage à Nice) est là pour nous épauler. Cela ne va pas changer grand-chose", estime l'ailier toulonnais Gabin Villière.

L'autre enjeu pour les Français, enfermés dans leur hôtel quand ils ne s'entraînent pas, est de tuer l'ennui. "Mais on n'est pas à Nice pour faire les touristes ou visiter la ville", insiste Woki, en indiquant qu'une salle de jeu a été mise à disposition.

"Quand je ne sais pas quoi faire, je joue aux cartes", conclut Carbonel.