Procès Tron: une accusatrice décrit une "toile" de l'"emprise"

Virginie Ettel, l'une des deux accusatrices de Georges Tron, au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 23 octobre 2018
Virginie Ettel, l'une des deux accusatrices de Georges Tron, au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 23 octobre 2018 Thomas SAMSON AFP/Archives
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Paris (AFP)

L'une des deux accusatrices de Georges Tron, qui le poursuivent pour viols et agressions sexuelles, s'est décrite mardi comme sous "une certaine emprise" de l'ancien secrétaire d'Etat (2010-2011), actuellement jugé en appel aux assises de Paris.

"C'est comme une toile qui se tisse et on se soumet. J'étais soumise complètement à mon patron", a déclaré à la barre Virginie Ettel, 43 ans, ancienne employée de la petite commune de Draveil (Essonne) dont Georges Tron est maire depuis 1995.

L'existence ou non d'une situation contrainte entre l'élu LR et ses deux détractrices devrait s'avérer décisive dans le verdict de cette affaire qui défraie la chronique depuis 2011. Elle est jugée en appel depuis le 19 janvier, devant la cour d'assises de Paris.

Suite à l'acquittement en première instance en 2018 de Georges Tron et de son ex-adjointe à la Culture Brigitte Gruel, poursuivie pour complicité, les parties civiles espèrent démontrer au cours de ce nouveau procès que les plaignantes étaient sous l'emprise du député-maire.

Depuis le début de la procédure, l'édile de 63 ans nie catégoriquement avoir jamais eu de relations sexuelles avec ces deux femmes. Celles-ci l'accusent de leur avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010, sous couvert de séances de réflexologie plantaire.

Mardi, la cour d'assises a entendu pour la première fois l'une des deux plaignantes, Virginie Ettel.

Aujourd'hui âgée de 43 ans, cette mère de deux enfants a décrit à la barre des scènes de massages de pieds, d'attouchements et de triolisme avec M. Tron et Mme Gruel.

Interrogée par la présidente sur son peu de résistance dans les ébats sexuels décrits, Mme Ettel a expliqué sa conduite par le magnétisme de Georges Tron et son pouvoir sur le personnel de la mairie de Draveil.

"J'étais dans un système, une certaine emprise", a déclaré la quadragénaire, vêtue d'une robe fleurie sombre, cape noire sur les épaules.

"M. Tron est effectivement charismatique, très grand, imposant, assez autoritaire et peut passer d'un état doux à un état d'énervement', a-t-elle assuré. "Quand on est dans cette mairie, nous n'existons pas comme des individus. C'est un groupe qui est là au service de M. Tron. Il veut, on fait", a-t-elle ajouté.

En première instance, la cour de Seine-Saint-Denis avait estimé que le "climat général hyper sexualisé" de la mairie de Draveil crédibilisait les récits de scènes à caractère sexuel faits par les plaignantes.

Toutefois, elle avait acquitté les accusés en écartant l'existence d'une situation de contrainte - qui caractérise le viol et l'agression sexuelle dans le Code pénal - entre le maire et ses deux accusatrices. Son arrêt pointait notamment des contradictions, voire des mensonges, de la part des plaignantes.