Hand: une reprise en clubs à un rythme "démentiel"

Le gardien de but de l'équipe de France, Vincent Gérard, lors du match du Mondial de handball pour la 3e place face à l'Espagne, le 31 janvier 2021 au Caire
Le gardien de but de l'équipe de France, Vincent Gérard, lors du match du Mondial de handball pour la 3e place face à l'Espagne, le 31 janvier 2021 au Caire Anne-Christine POUJOULAT AFP/Archives
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Paris (AFP)

Moins d'une semaine après leur retour du Mondial-2021 en Égypte, les handballeurs reprennent jeudi les compétitions de clubs à un rythme trépidant, qui obligera certains joueurs à disputer jusqu'à quatre matches en six jours.

"C'est tout simplement démentiel. Il faudra faire le bilan des blessures à la fin de saison", a estimé Vincent Gérard, gardien du Paris SG et président de l'Association des joueurs professionnels de handball.

Les internationaux français ont joué onze matches en janvier avec la sélection et repartent en février sur un rythme comparable en clubs. "On se demande où on va, et dans quel état on va finir", ajoute-t-il.

Les 28 prochains jours seront particulièrement denses pour les clubs engagés en Coupes d'Europe, entre les matches de Championnat et de Ligue des champions ou Ligue européenne: huit pour Nîmes et Toulouse, neuf pour le Paris SG et Montpellier et dix pour Nantes, qui reprend dès jeudi à domicile contre les Slovènes de Celje en C1.

- Inquiétudes pour la santé -

Et parfois, des enchaînements de plusieurs rencontres en très peu de temps: Montpellier jouera deux fois en 24 heures à Moscou (9 et 10), le PSG disputera trois matches (dont deux déplacements) en six jours fin février (du 23 au 28), et Nantes devra monter sur le terrain quatre fois en six jours (entre le 21 et le 26).

Les inquiétudes pour la santé des joueurs sont partagées par Michaël Guigou. "Il faut arrêter de faire n'importe quoi si on veut qu'il n'y ait pas trop de mecs qui se pètent, et malheureusement c'est le cas depuis le début de la saison", a regretté après le Mondial le capitaine de l'équipe de France, en piste avec Nîmes vendredi en Starligue à Chartres.

"C'est une année économiquement compliquée, tout le monde en a conscience. Mais à un moment, il ne faut pas faire n'importe quoi, il faut que tout le monde soit raisonnable", a ajouté l'ailier en zone mixte au Caire, après le match pour la troisième place perdu contre l'Espagne.

Ces cadences infernales avaient été dénoncées il y a près de deux ans par les plus grands handballeurs, dans la campagne "Don't play the players", "Ne jouez pas avec la santé des joueurs". Avec la pandémie de Covid-19, de nombreux clubs (français et européens) ont été touchés, obligeant à des reports en cascade et créant un embouteillage de matches à reprogrammer.

- Intensité inédite -

"Le rythme s'intensifie, il faut caser les matches quelque part. Cette intensité en deux mois, ça ne m'est jamais arrivé", souligne Gérard, qui aura jusqu'à samedi pour se préparer à reprendre en Hongrie, à Szeged, en Ligue des champions.

"Dès le début, on savait qu'il fallait faire preuve de flexibilité, d'adaptabilité et de souplesse pour les joueurs, pour pouvoir mener à bien au maximum les compétitions. Les joueurs ont fait preuve d'un grand sens des responsabilités", note Gérard, conscient d'être dans une période "très particulière".

"On est dans une période extraordinaire et délicate. On fait des choses que l'on ne faisait pas d'habitude, mais il faut l'accepter", estime Patrice Canayer, l'entraîneur de Montpellier. "On a tellement de chance de faire notre métier, alors que tant de personnes ne peuvent pas travailler, que l'on aurait mauvaise grâce de se plaindre", ajoute le technicien montpelliérain.

"On a la chance, et on en est conscient, de pouvoir pratiquer notre sport", abonde dans ce sens Vincent Gérard. "Mais à quel prix et sous quelle condition", s'interroge-t-il.