Biden promet d'"agir vite" face à un marché du travail atone

Le président Joe Biden lors de sa conférence de presse le 5 février 2021 à la Maison Blanche
Le président Joe Biden lors de sa conférence de presse le 5 février 2021 à la Maison Blanche Brendan Smialowski AFP
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Washington (AFP)

Joe Biden a promis vendredi d'"agir vite" face aux difficultés économiques des Américains liées à la pandémie, martelant sa volonté de faire adopter son plan de sauvetage après des signaux inquiétants envoyés par le marché du travail.

"Je vois beaucoup de douleur dans ce pays (...), beaucoup de gens perdent espoir (...). Je vais agir et je vais agir rapidement", a déclaré le nouveau locataire de la Maison Blanche, qui ne veut plus attendre pour faire adopter son plan de sauvetage de 1.900 milliards de dollars comprenant des aides pour les PME et les ménages les plus vulnérables.

"Je voudrais le faire avec le soutien des républicains (...), mais ils ne sont tout simplement pas prêts à aller aussi loin qu'il est nécessaire", a encore dit le nouveau président américain.

Certains républicains contestent certaines mesures de ce plan et estiment que la somme - trop élevée selon eux -- va faire déraper les finances publiques.

Prenant les Américains à témoin, le nouveau locataire de la Maison Blanche a dénoncé leur attitude.

"Allons-nous voter un plan pour vacciner les gens, leur permettre de retrouver du travail, alléger les souffrances de ce pays?", s'est-il interrogé.

"Ou allons-nous dire: +ne vous inquiétez pas, les choses vont s'améliorer+? Je ne peux laisser faire cela".

Une procédure de vote simple au Congrès devrait être utilisée pour contourner cette opposition et gagner du temps sur le vote. Le tout devrait prendre au moins deux semaines, a indiqué Nancy Pelosi la cheffe des démocrates à la Chambre basse.

- Rythme lent de créations d'emplois -

Le taux de chômage, qui n'avait pas bougé en décembre, est reparti à la baisse en janvier, passant de 6,7 à 6,3%. Et 49.000 emplois ont été créés, après un mois de décembre négatif.

Cette image, à première vue encourageante, cache une réalité plus inquiétante: le rythme de créations des emplois est lent.

Cela n'a pas rassuré les économistes, qui soulignent que de nombreux chômeurs ont abandonné leur recherche d'emploi, faisant mécaniquement baisser le taux de chômage.

Par conséquent, la baisse du taux de chômage "pourrait paraître bien, mais ça ne l'est pas", résume Gregory Daco, analyste pour Oxford Economics, dans une note.

Ces données sont d'autant plus inquiétantes que le ministère a aussi publié une révision des chiffres pour 2020, ce qui révèle notamment une situation moins bonne que prévu sur le front de l'emploi en novembre, et pire qu'annoncé en décembre.

Le nombre de personnes considérées comme sans emploi est désormais de 10,1 millions, près de deux fois plus qu'avant la crise.

Et ce chiffre ne prend en compte qu'une partie des personnes qui ont perdu leurs revenus, puisqu'au total, plus de 17 millions d'Américains touchent une allocation chômage, huit fois plus que l'an passé à la même époque, selon les données publiées jeudi.

- Taux de chômage sous-estimé -

"Le taux de chômage officiel est de 6,3%. MAIS un grand nombre de personnes ont quitté le marché du travail en avril et pratiquement personne n'y est revenu depuis juin. En réalité, le taux de chômage est plus proche de 8,3%", a ainsi souligné Jason Furman, économiste au Peterson Institute for International Economics (PIIE) dans un tweet.

Plus d'un tiers des chômeurs est désormais sans emploi depuis plus de six mois, et 6 millions de personnes travaillent à temps partiel contraint.

Par ailleurs, les inégalités continuent de se creuser, puisque le chômage est le plus bas chez les travailleurs blancs (5,7%), recule un peu mais reste très élevé chez les travailleurs hispaniques (8,6%) et surtout noirs (9,2%), et augmente même pour les asiatiques (6,6%).

La situation devrait s'améliorer, mais pas dans l'immédiat.

Fin 2020, la hausse continue des cas de Covid-19 avait contraint de nombreux élus locaux à ordonner de nouvelles mesures. L'emploi en avait pâti, d'autant plus que l'adoption d'un nouveau plan de relance de 900 milliards de dollars est arrivée très tardivement, à la toute fin du mois de décembre.