Egypte: le journaliste d'Al-Jazeera libéré retrouve sa maison au Caire

Le journaliste égyptien Mahmoud Hussein (c), libéré après quatre ans de prison, de retour dans son village de Giza, au sud du Caire, le 6 février 2021
Le journaliste égyptien Mahmoud Hussein (c), libéré après quatre ans de prison, de retour dans son village de Giza, au sud du Caire, le 6 février 2021 - AFP
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Le Caire (AFP)

Mahmoud Hussein, journaliste de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, a retrouvé samedi sa maison familiale au Caire après quatre ans en prison dans son pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le journaliste égyptien de 54 ans a été libéré jeudi soir, avait confirmé plus tôt sa fille Azzahra Hussein.

"Son père est mort avant de pouvoir assister à ce moment, il l'attendait depuis si longtemps", a confié à l'AFP la mère du journaliste, avant l'arrivée de Mahmoud Hussein, accueilli par des dizaines de proches devant le domicile familial.

"Même s'il y a des conditions pour sa remise en liberté (...) papa est désormais sorti du commissariat. Liberté à tous les opprimés", a tweeté une autre fille du journaliste, Aya Hussein, installée à Paris.

Egyptien travaillant comme producteur au siège d'Al-Jazeera à Doha, M. Hussein était en détention préventive depuis décembre 2016 pour "incitation à la sédition contre l'Etat" et "diffusion de fausses informations".

Il avait été arrêté trois jours après son arrivée en Egypte où il s'était rendu en vacances.

Sa chaîne de télévision avait dénoncé à maintes reprises le fait qu'il était détenu sans inculpation formelle, sans procès et sans condamnation.

Sa libération intervient peu après la reprise officielle le 20 janvier des relations diplomatiques entre Le Caire et Doha, dans le cadre d'une réconciliation scellée entre le Qatar et quatre pays arabes.

L'Egypte, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn avaient rompu en juin 2017 leurs relations avec le Qatar, accusé notamment de soutenir les Frères musulmans, qualifiés d'organisation "terroriste" par Le Caire.

Avant même 2017, les autorités égyptiennes reprochaient à la chaîne Al Jazeera de soutenir la confrérie, qui a été l'objet d'une implacable répression à partir de 2013 en Egypte.

"Al-Jazeera salue la nouvelle de la libération de Mahmoud, et pense qu'aucun journaliste ne devrait vivre ce qu'(il) a souffert ces quatre dernières années pour avoir seulement exercé sa profession", a indiqué samedi la chaîne de télévision dans un communiqué.