Biathlon: "Je ne savais pas à quoi m'attendre", reconnait Anaïs Chevalier-Bouchet

La Française Anaïs Chevalier-Bouchet, lors de l'épreuve de sprint comptant pour la Coupe du monde de biathlon, le 14 janvier 2021 à Oberhof (Allemagne)
La Française Anaïs Chevalier-Bouchet, lors de l'épreuve de sprint comptant pour la Coupe du monde de biathlon, le 14 janvier 2021 à Oberhof (Allemagne) Tobias SCHWARZ AFP/Archives
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Pokljuka (Slovénie) (AFP)

"Je ne savais pas à quoi m'attendre", explique Anaïs Chevalier-Bouchet, revenue à la compétition cette saison après plus d'un an et demi d'absence pour cause de maternité, avant les Mondiaux de biathlon qu'elle débute avec le relais mixte français, mercredi à Pokljuka.

Q: Comment s'est passée la coupure de deux semaines avant les Mondiaux?

R: "Mieux que celle de Noël, parce que je suis partie après de belles courses à Anterselva (3e de l'individuel, 3e avec le relais français, ndlr). Donc j'étais plus souriante, plus sereine. J'ai eu deux jours de repos avant de remettre la machine en route."

Q: Quels sont vos objectifs sur ces Mondiaux?

R: "J'ai beaucoup d'ambitions, parce que je sens que j'ai le niveau pour jouer devant. Je l'ai prouvé sur les courses du mois de décembre et janvier. Je suis là pour performer."

Q: Avez-vous l'impression d'être devenue une autre biathlète depuis votre retour à la compétition?

R: "Je ne sais pas trop. Je n'ai pas assez de recul pour le dire. Mais je suis dans un autre état d'esprit et j'aborde les choses différemment. Entre décembre et janvier, j'ai réappris des choses. Il me fallait un petit temps d'adaptation pour retrouver les automatismes, l'enchaînement des courses. Je le savais. En janvier, j'ai l'impression d'avoir réussi à mettre les choses en place et d'avoir fait un vrai job de biathlète."

Q: Comment vous gérez l'éloignement par rapport à votre fille?

R: "Je gère, je fais au mieux. Quand les résultats sont là, c'est plus facile pour moi, le moral est bon et je me laisse moins aller à la mélancolie. Quand ça marche, ça va. Mais il y a des journées plus longues que d'autres. Je m'attendais à pire. Quand je fais une mauvaise course, l'éloignement ajoute encore plus de colère et de frustration. C'est ce qui est le plus dur à gérer. Mais si je n'avais pas la passion je ne serais plus là. J'aime m'entraîner, faire de compétitions."

Q: Quels ont été les obstacles à votre retour?

R: J'ai été très bien accompagnée sur le plan médical, aussi bien mentalement que physiologiquement. J'ai été suivie par deux sages-femmes formidables. J'ai été très bien entourée par la famille aussi et c'est grâce à elle et à mon mari que je peux faire ça aujourd'hui. Mais c'est un projet personnel, je ne voulais pas être entourée de trop de personnes."

Q: Vous avez déclaré être revenue plus forte physiquement après votre coupure. Comment cela se matérialise?

R: "Je fais beaucoup moins d'acide lactique qu'avant par exemple. C'est assez impressionnant en terme de sensations. J'ai aussi amélioré mon rapport poids-puissance. Dans les parties montantes, je sens que je suis plus performante qu'avant. J'ai perdu du poids et gagné du muscle. Physiologiquement, il s'est passée quelque chose dans mon corps, c'est cool, j'en profite mais je ne sais pas plus l'expliquer."

Q: Vous attendiez-vous à un retour plus compliqué?

R: "Je ne savais pas à quoi m'attendre. La grande inconnue était de gérer les absences sur le plan mental. Il y a un an, j'étais tellement loin de ce niveau et je me disais qu'il y aurait un boulot monstre à faire. Mais j'ai travaillé, il fallait du temps, mais je ne pensais pas être aussi rapide sur les skis si rapidement."