Covid-19: bientôt 80.000 morts en France, les variants inquiètent toujours

Transfert d'un patient atteint du Covid de Lyon vers Paris le 9 février 2021
Transfert d'un patient atteint du Covid de Lyon vers Paris le 9 février 2021 JEFF PACHOUD AFP
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Paris (AFP)

Le bilan humain du Covid-19 est sur le point de dépasser les 80.000 morts et la bataille est loin d'être terminée pour la France, qui doit tenter de se protéger face à la propagation des nouveaux variants du virus.

Avec 460 morts comptabilisés lundi dans les hôpitaux par Santé publique France, chiffre quotidien le plus élevé en 2021, le rythme des décès ne faiblit pas, conséquence de la hausse des entrées à l'hôpital au mois de janvier.

Ce rythme ne devrait pas ralentir fortement dans l'immédiat, car le nombre d'hospitalisations reste élevé, à plus de 11.000 nouvelles entrées et 1.700 à 1.800 arrivées dans les réas tous les sept jours en moyenne depuis le 24 janvier.

Dans ce contexte tendu pour les hôpitaux, l'inquiétude porte désormais sur les variants du coronavirus, qui menacent d'aggraver encore l'épidémie.

A Eaubonne (24.000 habitants), dans le Val d'Oise, la mairie a annoncé une campagne de dépistage sur trois jours après la détection de cas du variant originaire d'Afrique du sud, qui a provoqué la fermeture d'un collège.

Depuis lundi, une classe entière peut désormais être fermée si un enfant, ou un membre de sa famille, est contaminé par le variant sud-africain ou brésilien, dont la circulation est "aujourd'hui minoritaire" mais qui présente "un risque d'échappement immunitaire et vaccinal", selon la Direction générale de la santé (DGS). Le protocole sanitaire avait déjà été durci face au variant britannique, le plus répandu en France.

- "Vigilance" -

Le variant sud-africain suscite une inquiétude particulière, car l'efficacité du vaccin d'AstraZeneca, le troisième autorisé dans l'Union européenne, sur cette mutation du virus, a été mise en doute. En Afrique du sud, les autorités ont suspendu leur campagne de vaccination après la publication d'une étude en ce sens.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est voulu rassurant sur Franceinfo vis-à-vis des soignants, auxquels est réservé le vaccin d'AstraZeneca, en affirmant qu'"aujourd'hui 99% des souches virales qui circulent en France métropolitaine ne correspondent pas au variant sud-africain". La veille, le ministre avait reçu devant les caméras la première injection de ce vaccin d'AstraZeneca, en tant que professionnel de santé de moins de 65 ans.

Au dernier décompte lundi, la France comptait 1.871.604 personnes ayant reçu au moins une dose, dont près de 250.000 vaccinées avec les deux doses nécessaires.

Sur le front épidémique, Olivier Véran a assuré que le gouvernement restait "dans un état de vigilance très important", notamment sur l'évolution du variant britannique, plus contagieux.

- Au quotidien -

Les variants "augmentent d'environ 50% par semaine, c'est-à-dire moins vite que les pays qui n'étaient pas sous couvre-feu. Donc il y a une efficacité des mesures décidées qui permettent de stabiliser la situation sanitaire", a-t-il développé en assurant que les autorités sanitaires ne seraient pas prises de court si "nous rentrions dans une forme exponentielle", "puisque nous regardons les choses au quotidien".

"Il est évidemment possible et souhaitable qu'on ne soit jamais reconfinés", a ajouté le ministre, jugeant que les mesures actuelles "permettent de stabiliser la situation sanitaire".

Après deux semaines de couvre-feu à 18 heures, toujours en vigueur, le gouvernement avait renoncé fin janvier à imposer un troisième confinement. Mais il avait renforcé les restrictions de voyage à l'étranger, les contrôles aux frontières et ajouté la fermeture des grands centres commerciaux de plus de 20.000 m2 à celle, déjà en cours depuis fin octobre, des bars, restaurants et lieux culturels.

Selon les données de Santé publique France, 121.932 cas de Covid-19 ont été détectés entre lundi et vendredi dernier, soit un très léger reflux par rapport aux mêmes jours la semaine précédente (126.826). L'exécutif espère que les vacances scolaires, qui ont démarré lundi pour une partie de la France et vont s'étaler jusqu'au 6 mars, permettront de ralentir la circulation du virus.

Mais des épidémiologistes craignent que le variant britannique provoque un rebond trop fort de l'épidémie, alors que la charge hospitalière est déjà élevée. Environ 28.000 malades du Covid-19 étaient hospitalisés lundi, dont plus de 3.300 en réanimation, alors que 7.000 malades se trouvaient dans ses services au pic de la 1ère vague, le 8 avril, et 4.900 au pic de la seconde, le 16 novembre.