Musique: Django Django, lumière pop dans les ténèbres

Le groupe britannique Django Django sur la scène du festival Solidays à l'hippodrome de Longchamp à Paris, le 23 juin 2018
Le groupe britannique Django Django sur la scène du festival Solidays à l'hippodrome de Longchamp à Paris, le 23 juin 2018 - AFP/Archives
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Paris (AFP)

"Glowing in the dark", soit "Brillant dans le noir": avec son nouvel album, le groupe britannique Django Django ne trompe pas sur la marchandise, exutoire pop à la période anxiogène actuelle.

Le disque, qui sort vendredi, a été "écrit avant l'arrivée du Covid-19", avec, déjà, l'idée d'un "élan positif" en réaction aux nuages s'amoncelant autour du Brexit, comme l'explique au téléphone à l'AFP depuis le Royaume-Uni Vincent Neff, chanteur et guitariste du quatuor.

Le groupe, dont les membres viennent d'Angleterre, d'Ecosse ou d'Irlande du nord -- dans le cas de Vincent Neff -- étaient opposés à une sortie de l'Europe et ont mal vécu l'atmosphère autour du processus.

"Londres, c'est comme un sanctuaire, une ville qui mélange des gens du Royaume-Uni et des gens du reste du monde, mais dès qu'on s'en éloigne, on voit une Angleterre devenir très droitière, nationaliste, repliée sur elle-même", décrit le chanteur.

Et le co-leader de la formation (avec le batteur/producteur Dave Maclean) de tacler un "pouvoir politique déconnecté des arts en général, de la musique en particulier".

Mais ce n'est pas seulement l'île sur laquelle ils résident qui est devenue très angoissante aux yeux des Django Django. "Regardez Trump aux Etats-Unis, qui a plongé son pays dans un scénario de film malheureusement bien réel, Bolsonaro au Brésil, on a l'impression que ce genre de dirigeants se dupliquent", dépeint Vincent Neff.

"Mais Trump est parti, c'est le signe que les jours meilleurs reviennent toujours, c'est le message du disque", poursuit-il.

Et en attendant l'éclaircie, il est toujours possible de "s'échapper" par "l'esprit", comme il le dit et le chante dans le titre "Free from gravity", au beau double sens qui peut se traduire par "échapper à la gravité terrestre/s'échapper des pesanteurs du quotidien".

- Avec Charlotte Gainsbourg -

Une idée prolongée dans un clip rusé avec un enfant venu d'ailleurs caché sous un costume... d'extraterrestre. Pour cette vidéo, Django Django ne cache pas avoir filé la métaphore de l'aliénation induite par le confinement ("alien" en anglais signifie aussi "extraterrestre").

Pour parfaire leur échappée belle sur disque, les Django Django ont convié du beau monde. On entend ainsi Charlotte Gainsbourg sur "Waking up". "On avait écrit cette chanson en pensant à une sorte de road-movie, un voyage de deux personnes, et on cherchait quelqu'un, et il se trouve que Charlotte est sur notre label (Because), que c'est aussi une actrice, avec un côté international, on s'est dit que ça ferait un bon contre-point à mon accent nord-irlandais (rires)", raconte Vincent Neff.

Etiquetés à leurs débuts "chercheurs fous du rock-psyché britannique" (comme l'avait écrit Pitchfork, média américain référence de la scène indépendante), les Django Django poursuivent une ouverture pop et synthétique déjà saluée sur leur troisième et précédent album "Marble skyes".

"Glowing in the dark", plus épuré que ses prédécesseurs, est clairement taillé pour la scène. Les Django Django ont-ils peur d'avoir plus de difficulté à tourner hors du Royaume-Uni avec les conséquences du Brexit ?

"Je pense que c'est davantage un danger pour ceux qui commencent, qui ont besoin de tourner à l'étranger pour créer du lien avec leurs fans; nous, on espère pouvoir tourner à l'étranger à l'automne", conclut Vincent Neff.