Mondiaux de biathlon: Anaïs Chevalier-Bouchet, maman comblée

La Française Anaïs Chevalier-Bouchet, médaillé d'argent du sprint aux Championnats du monde de biathlon, le 13 février 2021 à Pokljuka (Slovénie)
La Française Anaïs Chevalier-Bouchet, médaillé d'argent du sprint aux Championnats du monde de biathlon, le 13 février 2021 à Pokljuka (Slovénie) Joe Klamar AFP
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Pokljuka (Slovénie) (AFP)

Revenue cette saison sur le circuit après une longue absence pour cause de maternité, Anaïs Chevalier-Bouchet a effectué un magnifique retour au premier plan en décrochant la médaille d'argent du sprint remporté par la Norvégienne Tiril Eckhoff, vendredi aux Mondiaux de biathlon.

A 28 ans, l'Iséroise ne pouvait pas rêver mieux pour ses retrouvailles avec les Championnats du monde. Dès la première course individuelle, elle a frappé un grand coup en montant sur le podium, à 12 petites secondes d'Eckhoff, malgré une faute au tir.

Il y a trois jours, la Française avait vécu un début de compétition très délicat, son tour de pénalité lors du relais mixte condamnant les Bleus (5e). Cette fois, elle a sorti une copie quasi-parfaite, dans des conditions peu évidentes malgré un grand soleil, avec un vent soufflant en rafales sur le pas de tir, pour offrir une 3e breloque à la France après l'argent et le bronze gagnés par Simon Desthieux et Emilien Jacquelin lors du sprint hommes vendredi.

Après le zéro pointé de l'édition précédente à Anterselva, les Bleues sont ainsi assurées de ne pas rentrer de nouveau bredouilles à la maison.

- "Moteur reprogrammé" -

"Je suis super contente, j'ai eu un peu de mal après le relais mixte, a déclaré Anaïs Chevalier-Bouchet. Avoir foiré une course d'équipe, c'est toujours un peu dur. J'avais besoin d'évacuer ma frustration. Je suis allée m'excuser auprès des copains et du staff. Je me suis dit: +allez, on tourne la page et il faut se remobiliser+. Je connaissais mes ambitions et il ne fallait pas que je broie du noir trop longtemps."

C'est surtout sur la piste qu'Anaïs Chevalier-Bouchet est allée chercher sa place de vice-championne du monde. Depuis le début de saison, elle ne cesse de répéter que la maternité l'a endurcie physiquement et que son corps a radicalement changé après plus d'un an et demi d'absence. Elle en a fourni une éclatante démonstration en devançant les meilleures skieuses du plateau, sauf Eckhoff, sauvée par son 10/10 à la carabine.

"Cela fait un moment que je le vois, a-t-elle expliqué. Physiquement, ça va quand même plus vite qu'avant. J'avais plein d'interrogations et j'en ai encore plein. je ne savais pas si ça allait tenir sur la durée. Mais pour l'instant ça roule, je prends et je ne me pose pas trop de questions."

"Elle a tout mis en place autour d'elle, au niveau du planning professionnel et familial, pour avoir le niveau qu'elle nous montre depuis le début de l'année, a affirmé l'entraîneur des Bleues, Frédéric Jean. Son rapport poids-puissance est meilleur. Elle a perdu du poids après la grossesse et elle a voulu garder ce poids-là. On a réussi à le faire avec le travail de musculation. Avec ce changement de morphologie, sa VO2 max a aussi augmenté, c'est comme si on avait reprogrammé le moteur d'une voiture."

- Changement radical -

Cette médaille, la 5e de sa carrière aux Mondiaux, est également le fruit d'un changement d'état d'esprit radical depuis la naissance de sa fille. Anaïs Chevalier-Bouchet conçoit désormais le biathlon comme un vrai travail, seule façon pour elle de supporter l'éloignement avec son enfant. Ce qui n'empêche pas les hauts et les bas. Après un début de saison en fanfare (2e place du sprint de Kontiolahti, le 3 décembre), elle avait dû attendre fin janvier pour remonter sur un podium en Coupe du monde (3e de l'Individuel à Anterselva).

"L'âge, l'expérience, la maternité m'ont beaucoup changée, a-t-elle indiqué. Mon statut aussi a changé. Je suis plus attendue et j'en attends plus aussi. Pour l'instant, ça vaut le coup, je suis revenue pour faire ce genre de courses."

Pour Tiril Eckhoff (30 ans), ce succès a une double signification. Sacrée pour la 8e fois sur le plan mondial et la 2e en sprint après 2016, la Norvégienne en a profité pour prendre la tête du classement général de la Coupe du monde, l'ex-leader, sa compatriote Marte Olsbu Roeiseland, ne finissant que 6e.

Tout roule pour le moment en Slovénie pour la Scandinave qui a gagné sa 2e médaille d'or dans ces Championnats du monde après la victoire de la Norvège en relais mixte, mercredi.