Dunkerque: face au variant anglais, le maire dénonce des mesures "déconnectées"

Campagne de dépistage du Covid-19 à Saint-Etienne le 13 janvier 2021
Campagne de dépistage du Covid-19 à Saint-Etienne le 13 janvier 2021 JEAN-PHILIPPE KSIAZEK AFP/Archives
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Lille (AFP)

Le maire (DVG) de Dunkerque Patrice Vergriete a dénoncé lundi au micro de France Bleu Nord des mesures "déconnectées" après que la préfecture a décidé de garder écoles, collèges et lycées ouverts malgré l'accélération de la circulation du variant anglais du Covid-19.

"Je mettrai ma fille à l'école ce matin, il faut respecter un terme démocratique, mais je sais qu'un certain nombre de familles ne mettront pas (leurs enfants), il y a des choses que je peux comprendre aujourd'hui", a expliqué l'élu. "Ce que nous avions proposé était quand même très adapté à notre territoire et on a vu tomber des mesures qui finalement apparaissent assez déconnectées de la réalité du terrain", a-t-il cependant ajouté, disant comprendre "l'incompréhension de la population".

Vendredi, les maires de la communauté urbaine de Dunkerque avaient demandé aux autorités de fermer les collèges et lycées une semaine avant les vacances scolaires et de donner la possibilité de déroger à l'obligation scolaire pour les enfants scolarisés en primaire, mais ils n'ont pas été suivis par l'Etat.

Samedi, la préfecture a annoncé que l'arrivée et la sortie des classes seraient décalées dans les écoles maternelles et élémentaires et que les collèges et lycées fonctionneraient "en mode mixte (présentiel/distanciel)".

La préfecture faisait alors état d'une situation qui s'est "dégradée brutalement", avec "un taux d'incidence de 515 cas pour 100.000 habitants contre 384 il y a une semaine, tandis que la présence du variant anglais s'est accélérée sur le territoire".

M. Vergriete a regretté qu'"on n'arrive pas à faire cette différenciation entre les territoires qui permet d'être plus efficace finalement face à ce virus".

Il a également alerté sur la situation de l'hôpital de Dunkerque, qu'il a décrit comme "saturé".

"Il y a encore eu des transferts de patients ce week-end, on voit bien que la situation avec le variant britannique qui est beaucoup plus contagieux accélère énormément la transmission du virus et donc les arrivées à l'hôpital", a-t-il expliqué, disant craindre que les hôpitaux régionaux vers lesquels des patients ont été transférés arrivent eux aussi à saturation.

La flambée de l'épidémie intervient à une période où les rues de la ville sont habituellement noires de monde pour célébrer le carnaval. Le maire a salué l'attitude "responsable" de ses administrés, notant que les carnavals clandestins étaient restés très rares.

L'Agence régionale de Santé doit organiser dans les prochains jours une campagne de dépistage dans le Dunkerquois.