Italie: en pleine pandémie, Draghi dévoile son programme au Parlement

Le nouveau Premier ministre italien Mario Draghi préside son premier conseil des ministres, le 13 février 2021 à Rome
Le nouveau Premier ministre italien Mario Draghi préside son premier conseil des ministres, le 13 février 2021 à Rome Andrew Medichini POOL/AFP/Archives
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Rome (AFP)

Le nouveau Premier ministre italien Mario Draghi, qui doit affronter une grave crise sanitaire et économique à la tête d'une coalition allant de la gauche à l'extrême droite, dévoile mercredi son programme devant le Parlement.

Les priorités de M. Draghi devraient être "la santé et la campagne de vaccination, le changement climaticxque, la réforme des infrastructures et la révolution numérique", estime Teresa Coratella, analyste au sein de European council of foreign relations (ECFR), dans un entretien avec l'AFP.

Son premier défi sera sans aucun doute la gestion de la pandémie de Covid-19, et en particulier la campagne de vaccination, qui a subi de gros retards en raison de problèmes d'approvisionnement. A ce stade, seulement 1,2 million de personnes sur une population de 60 millions ont reçu les deux doses nécessaires pour l'immunisation.

L'ex-président de la Banque centrale européenne devrait a priori obtenir sans problème le feu vert des deux chambres, tant sa majorité parlementaire est ample, même si des divisions sont déjà apparues au sein de sa coalition hétéroclite.

Mario Draghi, qui a succédé samedi à Giuseppe Conte, prend les rênes du pays dans une situation très difficile: l'Italie, qui approche de la barre des 100.000 morts dues au Covid, a enregistré en 2020 l'une des pires chutes du PIB de la zone euro (-8,9%).

C'est pourquoi la troisième économie de la zone compte beaucoup sur la manne de plus de 200 milliards d'euros du plan de relance européen, dont le versement est lié à la présentation à Bruxelles d'ici à fin avril d'un plan détaillé de dépenses, l'une des missions du nouveau gouvernement.

- Le "miracle" Draghi -

M. Draghi, surnommé "Super Mario" pour son rôle dans la crise de la dette de la zone euro en 2012, a prêté serment samedi avec ses ministres, et le vote de confiance du Parlement représente l'ultime étape pour conférer une pleine légitimité à son gouvernement.

Depuis que le président de la République Sergio Mattarella a fait appel à lui le 3 février, Mario Draghi s'est entretenu avec tous les partis représentés au parlement et a formé une majorité allant du Parti démocrate (PD, centre gauche) à la Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini en passant par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir).

Frères d'Italie (FDI, extrême droite) de Giorgia Meloni est le seul parti à avoir annoncé qu'il voterait non à la confiance.

Selon des estimations publiées mardi par le principal quotidien italien, Il Corriere della Sera, Mario Draghi devrait obtenir le vote favorable d'environ 260 sénateurs sur 315 et d'environ 550 députés sur 630.

Et si les débuts de son gouvernement ont été marqués par une virulente polémique, essentiellement de droite, contre le ministre de la Santé Roberto Speranza, le plus à gauche du cabinet, qui a annoncé dimanche soir seulement l'interdiction de rouvrir lundi matin les pistes de ski, l'aura de M. Draghi a déjà permis d'accomplir une sorte de "miracle".

"C'est le moment d'enterrer la hache de guerre. M. Speranza a vécu un an sous pression (...) nous chercherons à le soutenir par tous les moyens", a ainsi affirmé mardi d'un ton conciliant Matteo Salvini, un tribun plus connu pour des déclarations tonitruantes.

Ces premières bisbilles augurent un parcours accidenté pour Mario Draghi comme l'explique Teresa Coratella: "nous avons un gouvernement très fort du point de vue de la compétence des ministres, mais avec un équilibre politique très fragile, avec des interlocuteurs politiques qui changent d'opinion et ne sont pas très fiables".