Birmanie: arrestation musclée d'un journaliste à son domicile

Rangoun (AFP) –

Publicité

Un journaliste birman a été arrêté à son domicile lundi soir après une attaque apparente des forces de l'ordre contre son immeuble, a annoncé mardi matin son employeur Democratic Voice of Burma (DVB).

La police et l'armée birmane ont intensifié le recours à la force ces derniers jours pour tenter de contenir un soulèvement contre la junte au pouvoir depuis un coup d'Etat le 1er février, en déployant des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau, avec de plus en plus de témoignages faisant état de tirs à balles réelles.

Des journalistes ont également été ciblés, et plusieurs ont été arrêtés dans l'exercice de leur métier ces derniers jours, dont un photographe de l'agence AP à Rangoun.

Lundi soir, un journaliste a retransmis en direct sur la page Facebook de son média une attaque apparente contre son immeuble dans la ville de Myeik (sud) alors qu'il criait à l'aide.

Quelques heures plus tard, DVB a confirmé sur sa page Twitter que son journaliste Kaung Myat Hlaing avait été emmené de son domicile sous la contrainte par des policiers et des militaires.

"On ne sait pas où il a été emmené et quelle autorité militaire l'a emmené", indique le communiqué publié mardi matin, ajoutant que les derniers reportages de Kaung Myat Hlaing racontaient la répression militaire au cours du week-end à Myeik, ainsi que les manifestations de lundi.

Des coups de feu ont pu être entendus pendant la diffusion en direct de Kaung Myat Hlaing, alors qu'il criait aux forces de sécurité à l'extérieur d'arrêter de tirer.

"Si vous tirez comme ça, comment vais-je descendre?" criait-il.

DVB, l'un des organes de presse les plus connus en Birmanie, a été lancé en 1992 par des expatriés birmans basés en Thaïlande et en Norvège sous le précédent régime de la junte, diffusant des informations non censurées à la télévision et à la radio.

Après 49 ans au pouvoir, l'armée avait relâché son emprise en 2011, et DVB avait déménagé son siège social à Rangoun.

Le média a exigé mardi que l'armée libère Kaung Myat Hlaing, ainsi que d'autres journalistes détenus depuis le putsch. "Ils font tous leur travail en tant que journalistes", a-t-il affirmé.