Philippines: la journaliste Maria Ressa plaide son innocence

Manille (AFP) –

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La journaliste philippine Maria Ressa a demandé jeudi à un tribunal de Manille de renoncer à des poursuites pour évasion fiscale lancées à son encontre, une affaire emblématique du harcèlement de la presse indépendante dans le pays selon les organisations de défense des droits de l'Homme.

"Dire la vérité fait du mal de nos jours. Dire la vérité a un coût", a déclaré la journaliste à la presse après avoir témoigné pendant plus de deux heures au tribunal.

Mme Ressa, 57 ans, est la cofondatrice du site d'information en ligne Rappler, visé par plusieurs procédures judiciaires après avoir publié des articles critiques contre la politique du président Rodrigo Duterte, y compris sa campagne sanglante et controversée contre le trafic de drogue.

Ancienne journaliste de CNN, Mme Ressa, qui a aussi la nationalité américaine, a été condamnée en juin pour diffamation mais a été laissée en liberté sous caution dans l'attente de la décision de la cour d'appel dans une affaire où elle risque jusqu'à six ans de prison. L'ancien journaliste de Rappler Reynaldo Santos a également été reconnu coupable dans ce premier dossier.

Les organisations de défense des droits de l'Homme et les associations luttant pour la liberté de la Philippinespresse affirment que les procédures fiscales contre Rappler relèvent du harcèlement.

Amnesty International avait affirmé que les "attaques" contre Rappler s'inscrivaient dans une campagne contre la liberté de la presse aux Philippines.