XV de France: place à l'Angleterre mais dans quel état?

Paris (AFP) –

Publicité

Retour au rugby: déchargé de toute faute après les nombreuses contaminations au Covid-19 dans ses rangs, le XV de France reprend le chemin de Marcoussis dimanche, avant son duel le 13 mars en Angleterre. Dans quel état ?

. Plus de la moitié des titulaires contaminés

Douze joueurs ont contracté le Covid-19 avant le report du match du Tournoi des six nations prévu contre l'Ecosse dimanche dernier, dont huit titulaires. Toute la première ligne - Cyril Baille, Julien Marchand, Mohamed Haouas - a été touchée, ainsi que le demi de mêlée Antoine Dupont, le capitaine et troisième ligne Charles Ollivon, le centre Arthur Vincent, l'ailier Gabin Villière et l'arrière Brice Dulin. Seront-ils tous rappelés dès dimanche dans l'Essonne? Le pilier droit remplaçant Demba Bamba s'est de nouveau blessé (ischio-jambier droit). Mais le sélectionneur Fabien Galthié, lui-même contaminé, peut compter sur des retours de l'infirmerie. L'ouvreur Romain Ntamack, absent depuis deux mois (mâchoire), et le troisième ligne François Cros (pied) doivent reprendre la compétition samedi avec le Stade toulousain. Et le talonneur du Racing 92 Camille Chat (mollet), doublure de Marchand en Bleus, postule pour le déplacement à Toulon samedi.

. Équilibrer les niveaux physiques

Les Bleus n'ont plus joué depuis le 14 février et la victoire en Irlande (15-13). Les niveaux physiques seront différents, entre les contaminés, les cas contacts - isolés dans un premier temps - et ceux qui fouleront les terrains de Top 14 ce week-end. Pour le match d'ouverture de la 18e journée Montpellier-Clermont vendredi (20h45), trois sont mobilisés: Anthony Bouthier (titulaire) et Paul Willemse (remplaçant), respectivement arrière et deuxième ligne héraultais, ainsi que le demi de mêlée auvergnat Sébastien Bézy (remplaçant). Les Montpelliérains Vincent et Haouas sont absents. Idem pour l'ailier clermontois Damian Penaud, qui n'avait pas contracté le virus. A Toulouse, Dupont, Baille et Marchand ont repris l'entraînement individuel jeudi et devraient être parés pour les séances collectives à Marcoussis. A La Rochelle, le N.8 Grégory Alldritt ne jouera pas. A Toulon, Ollivon non plus a priori. Villière a lui une chance. Considérés comme "cas contacts" puis testés négatifs, les Racingmen Bernard Le Roux et Teddy Thomas sont "opérationnels" mais pas sûrs d'être alignés samedi. Idem pour le centre du Stade français Gaël Fickou.

. La reprise post-Covid peut être difficile

C'est plus ou moins éprouvant selon les cas. Pour l'ailier international argentin du Racing 92 Juan Imhoff, infecté en octobre avec "beaucoup de symptômes", "c'était horrible". "Quand quelqu'un a l'habitude de s'entraîner deux ou trois fois par jour et qu'il doit rester enfermé et ne pas bouger du canapé, c'est sûr que la reprise, c'est très compliqué", a-t-il expliqué jeudi lors d'un point presse. L'Angleterre n'aura, elle, pas ce genre de désagréments à gérer d'ici le duel à Twickenham le 13 mars. Son dernier match date de samedi dernier (défaite au pays de Galles) et une journée du championnat anglais est prévue ce week-end. Les Saracens, grands pourvoyeurs d'internationaux (Owen Farrell, Billy et Mako Vunipola, Maro Itoje...), doivent débuter samedi la saison de deuxième division.

. L'épisode du cluster va-t-il laisser des traces?

"Je ne pense pas sincèrement pour les joueurs que j'ai eu au téléphone. Au contraire, je sens beaucoup de détermination et (un sentiment) d'injustice de leur part", a répondu le président de la Fédération française de rugby (FFR) Bernard Laporte, après son entretien vendredi avec les ministres Jean-Michel Blanquer et Roxana Maracineanu.

A confirmer lors du Tournoi où les Bleus peuvent toujours réaliser un premier Grand Chelem depuis 2010. Leurs déboires sanitaires risquent-t-ils de polluer les relations entre la FFR et les clubs, obligés de libérer leurs joueurs pour une date supplémentaire et le report de France-Ecosse? "La situation en équipe de France est agaçante et frustrante parce qu'il y a le dit et le non-dit", a notamment grincé le président de Toulon Bernard Lemaître.