Sciences Po Grenoble: Faure critique les syndicats étudiants qui bafouent les libertés académiques

Paris (AFP) –

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Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a jugé "scandaleux" et "intolérable" jeudi que des syndicats étudiants "interdisent de parole" ceux qui ne pensent pas comme eux après la polémique à Sciences Po Grenoble.

"Il faut tout faire pour maintenir partout les libertés académiques pour les enseignants et autoriser le débat tout le temps", a-t-il plaidé sur BFMTV et RMC.

"Je trouve ça scandaleux qu'il y ait parfois des étudiants, des syndicats étudiants, qui se permettent d'empêcher une conférence, d'interdire de parole tel ou tel au prétexte que ce qu'il a à dire ne correspond pas à ce que vous pensez. C'est intolérable", a-t-il insisté.

Le député de Seine-et-Marne a souligné que les universités, "à Grenoble comme ailleurs", sont des "lieux de liberté".

L'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble est en proie à un vif conflit depuis l'affichage début mars des noms de deux professeurs accusés d'islamophobie, des "injures" pour lesquelles une enquête judiciaire a été ouverte sur signalement de l'établissement.

A l'origine de ces accusations notamment, un échange de mails véhément sur la notion d'islamophobie, en novembre et décembre, entre un professeur d'allemand, dont le nom a été mentionné sur les affiches, et une historienne.

Le principal syndicat étudiant, l'Union syndicale Sciences Po Grenoble, persiste et signe depuis, exigeant des sanctions à l'encontre des deux professeurs.

Olivier Faure a souligné être "contre ce terme d'islamophobie, qui ne correspond à rien". "Il y a un racisme contre des Français ou des étrangers musulmans, c'est une évidence, mais islamophobie voudrait dire qu'on ne peut plus y compris contester l'islam comme on peut contester le judaïsme, ou le catholicisme, ou le protestantisme, ou le bouddhisme", a-t-il estimé.

"Je souhaite qu'on ne puisse pas parler d'islamophobie pas plus qu'on ne parle d'islamo-gauchisme", a-t-il ajouté en référence à la polémique née des propos de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal ayant utilisé ce terme.

"Islamo-gauchisme" est "un terme très générique et là aussi une condamnation contre la libre pensée (...), un concept extrêmement flou, qui donne le sentiment qu'il y a une complicité objective, même active, entre une part de la gauche et le terrorisme, et franchement cette acception est monstrueuse", a-t-il dénoncé.