Hand: les Français face au couperet de la qualification olympique

Montpellier (AFP) –

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Pour la première fois depuis treize ans, les handballeurs français vont devoir surmonter la pression d'un couperet pour décrocher leur qualification olympique ce week-end à Montpellier, dans un tournoi relevé avec la Croatie, le Portugal et la Tunisie.

Pour disputer les Jeux olympiques à Tokyo cet été (23 juillet-8 août), les Bleus ont une mission simple: prendre l'une des deux premières places de ce tournoi, à domicile mais sans le soutien du public en raison de la pandémie de Covid-19.

Ils se sont quittés il y a cinq semaines, rentrés d'Égypte frustrés par une quatrième place au Mondial-2021 après deux défaites contre la Suède (32-26) en demies et l'Espagne pour le bronze (35-29).

Frustrés certes, mais aussi rassurés d'avoir replacé la France dans la hiérarchie mondiale, à sa place dans le dernier carré d'un tournoi international un an après le fiasco de l'Euro-2020 (élimination dès le 1er tour).

Ce mauvais souvenir, qui a coûté son poste de sélectionneur à Didier Dinart fin janvier 2020, fait partie désormais du passé. "Je crois que l'on a fermé le chapitre et c'est tant mieux, c'était pesant", espère Guillaume Gille, successeur de Dinart après avoir été son adjoint jusqu'à l'Euro-2020.

- Avec Luka Karabatic -

Ce tournoi de qualification olympique se situe en plein coeur d'une saison chargée en clubs, avec des joueurs qui ont été fortement mis à contribution au cours des cinq dernières semaines (13 matches pour ceux du FC Barcelone, 9 pour ceux du Paris SG).

Malgré ce rythme infernal, Guillaume Gille pourra récupérer deux joueurs qui avaient cruellement manqué pour les deux derniers matches du Mondial égyptien: le pivot Luka Karabatic et l'arrière droit Timothey N'Guessan, respectivement remis d'une lésion aux abdominaux et d'une blessure aux adducteurs.

"C'est peut-être un avantage, parce que l'on a l'impression de s'être quitté il n'y a pas très longtemps, et qu'il y a encore des choses qui sont restées dans les têtes", essaie de positiver le sélectionneur, qui note qu'il ne s'agit pas d'une situation propre au groupe France, car ses trois adversaires disposent également de joueurs évoluant dans les meilleurs clubs européens.

Depuis l'éclosion des handballeurs français sur la scène internationale aux Jeux de Barcelone en 1992, les Bleus n'ont plus jamais manqué le rendez-vous olympique et à Montpellier, ils vont tenter de surfer sur les ondes positives du Mondial, afin d'éviter un énorme camouflet.

"Il faut penser à ce que cette équipe a créé sur le dernier Mondial et à s'appuyer dessus pour décrocher la qualification", martèle l'arrière droit Nedim Remili, sur le site de la Fédération française.

- Croatie en plein doute -

Le Parisien a pris un rôle plus important dans le groupe en Egypte, en l'absence du leader charismatique Nikola Karabatic, qui se remet d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit occasionnée mi-octobre.

Mise à part l'absence du demi-centre du PSG et d'Elohim Prandi, touché à la cheville gauche et au repos plusieurs semaines, Gille pourra compter sur "l'ensemble des forces vives du groupe", primordial face au programme copieux qui attend l'équipe de France, trois matches en trois jours face à des adversaires de premier plan.

La Croatie, vice-championne d'Europe en 2020, aborde ce tournoi en plein doute, après un Mondial-2021 raté (match nul contre le Japon, défaite contre l'Argentine) et la démission choc de son sélectionneur Lino Cervar.

Mais avec son trio de demi-centres Domagoj Duvnjak, Igor Karacic et Luka Cindric, qui évoluent dans les meilleurs clubs du monde, la bête blessée croate reste très dangereuse.

Nation qui a le plus progressé ces dernières années sur la scène internationale, le Portugal arrive à Montpellier endeuillé par la mort de son gardien Alfredo Quintana, victime d'un arrêt cardiaque le 22 février à l'entraînement avec le FC Porto et décédé cinq jours plus tard à l'hôpital.

Au Mondial en Egypte, les Français avaient marqué les esprits lors du tour principal, avec un large succès (32-23) contre cette équipe portugaise, qui lui a posé tant de problèmes ces dernières années et qu'elle affrontera lors du dernier match (décisif?) dimanche soir.

Enfin, face à la Tunisie, les Bleus seront plus dans l'inconnu, contre une équipe qu'ils ont eu moins l'occasion d'affronter ces dernières années.