Sur la route des Jeux: Romane Dicko, "du rêve à la réalité" des Jeux olympiques

Paris (AFP) –

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Talent précoce du judo français, déjà double championne d'Europe des +78 kg à 21 ans, Romane Dicko raconte à l'AFP son parcours jusqu'aux Jeux olympiques de Paris en 2024, en passant - sauf rebondissement - par ceux de Tokyo l'été prochain.

Dans ce deuxième épisode, la jeune judoka évoque son approche de la grand-messe olympique, et s'imagine combattre encore à Los Angeles en 2028.

"Les Jeux olympiques, c'est la plus grande compétition amatrice. En judo, c'est le Graal d'être champion olympique. Ce n'est que tous les quatre ans, on sait que c'est très, très rare, encore plus en ces années de Covid un peu spéciales. Parce qu'on ne sait même pas si ça va vraiment être maintenu, je pense que les JO de Tokyo auront encore plus de valeur."

"Je rêve des Jeux depuis que je suis rentrée à l'Insep. C'est une fois à l'Insep qu'on se dit +ok, c'est là où les champions se créent. Si tu es là, c'est que potentiellement, tu peux y arriver+. Ensuite, en construisant mon parcours, je me suis dit que c'était de plus en plus accessible. Quand Emilie Andéol (sacrée championne olympique en +78 kg en 2016 à Rio, ndlr) a arrêté sa carrière, je me suis dit +il y a vraiment de la place pour une lourde+. J'ai +performé+, j'ai terminé cinquième aux Championnats du monde toutes catégories en 2017, et je me suis dit +ça montre que je suis là, j'arrive à battre des filles fortes+. Et après, c'est vrai que dès que je suis devenue championne d'Europe (en avril 2018), je me suis dit +les Jeux, c'est possible pour moi dans deux ans, je vais m'entraîner pour ça+".

"Après, il y a eu mes blessures (épaule et genou), mais j'ai toujours gardé ça dans un coin de ma tête. En fait, c'est passé un peu du rêve à la réalité. Pour moi, quand on rêve des Jeux, ça veut dire que c'est inaccessible. Quand j'ai gagné les +Europe+, ce n'était plus inaccessible, je savais que c'était possible. Ce n'était plus vraiment un rêve, c'était un objectif de me dire +je veux faire les Jeux en 2020, je vais tout faire pour, parce que je sais que j'en suis capable+."

- "Envie d'une longue carrière" -

"2024, on y pense bien sûr. Depuis qu'on a eu l'annonce des Jeux de Paris, c'est vraiment en ligne de mire aussi. Avant que je +performe+ en senior, je me voyais déjà en 2024, à 24, 25 ans, peut-être vraiment à mon pic de forme. Mais je restais aussi +focus+ sur les saisons à venir. C'est vrai que se dire qu'il y aura des Jeux à Paris, ça donne un goût spécial, un goût en plus à ces Jeux olympiques. Se dire qu'on peut être à des JO, c'est déjà un événement super fort. En plus à la maison, avec toute notre famille, toute la France aussi qui nous encourage, on se dit que c'est vraiment spécial. C'est dans trois ans maintenant, ce serait vraiment super beau déjà d'arriver à être sélectionnée pour ces Jeux, et en plus d'y +performer+. Parce que c'est Paris. J'espère vraiment être présente."

"Ce n'est peut-être pas un but ultime, parce qu'il faut quand même relativiser Paris, on peut mettre beaucoup de pression par rapport à ça. C'est vrai que je me suis mis dans l'optique que ce sont des Jeux spéciaux, parce que c'est à Paris, mais il faut garder en tête que ça ne reste, entre guillemets, +que+ des Jeux olympiques, et il ne faut pas non plus se mettre trop de pression par rapport à 2024. Il y a des Jeux aussi après, il y en a avant".

"Los Angeles, j'aurai 28 ans, c'est possible que j'y aille aussi. Moi, j'ai envie de faire une longue carrière! En plus, chez les lourdes, les filles finissent tard. Ortiz (la Cubaine Idalys Ortiz, N.1 mondiale des +78 kg), elle a 31 ans. On verra si mon corps veut, et si ma tête aussi."

Propos recueillis par Elodie SOINARD