Paris-Nice: Roglic dévore tout  

La Colmiane (France) (AFP) –

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Primoz Roglic, à l'appétit insatiable, a gagné pour la troisième fois en quatre jours, samedi, dans la station de La Colmiane (Alpes-Maritimes), où il s'est adjugé la 7e et avant-dernière étape de Paris-Nice.

Dans les derniers mètres, le Slovène a condamné le Suisse Gino Mader, rescapé d'une échappée lancée en début d'étape et tout dépité de voir la victoire lui échapper ainsi.

Mais le numéro un mondial, intéressé par la victoire d'étape et les 10 secondes de bonification allouées au vainqueur, n'a pas fait de sentiment, sans le geste chevaleresque synonyme de gain en popularité.

"Je me suis dit +pourquoi pas ?+. Il y avait une possibilité, alors je l’ai saisie", a commenté Roglic, nanti d'une avance de 52 secondes sur l'Allemand Maximilian Schachmann avant la 8e et dernière étape sensiblement raccourcie et allégée en raison du confinement de Nice et de ses alentours.

Déjà le plus fort dans les deux arrivées en côte de la semaine, mercredi à Chiroubles (Rhône) et vendredi à Biot (Alpes-Maritimes), le maillot jaune a laissé un temps l'impression qu'il n'était pas intéressé par la victoire d'étape. L'écart d'une minute au pied de la montée finale, longue de 16 kilomètres, s'élevait encore à 40 secondes à 4 kilomètres de la ligne.

Roglic a contré une première accélération de Schachmann à l'approche de la flamme rouge du dernier kilomètre puis a coupé son effort quand l'Allemand, vainqueur sortant, est revenu dans son sillage. Mais il s'est relancé ensuite pour "croquer" Mader dans les 100 derniers mètres.

- "Ils font très peu de cadeaux" -

"C'était comme ça au Tour de France (2020), il se sent le plus fort, il veut tout gagner", a commenté le Français Kenny Elissonde, qui était membre de l'échappée du jour avant de laisser filer Mader (et l'Américain Neilson Powless) à l'approche des 5 derniers kilomètres. "Chacun a ses intérêts. Si j'étais le meilleur grimpeur du monde, je voudrais peut-être essayer de gagner toutes les arrivées au sommet".

"Il a une équipe tellement forte, il n'a besoin de personne", a ajouté Elissonde à propos de la stratégie de l'équipe Jumbo de Roglic. "Ils font très peu de cadeaux. Ils contrôlent et laissent (l'échappée) à deux minutes. Il n'y a rien à faire".

Les adversaires directs de Roglic n'ont pu que subir cette loi implacable qui fait fi des habituels renvois d'ascenseur possiblement utiles le jour venu, notamment dans un grand tour. A l'exemple du Russe Aleksandr Vlasov, 5e de l'étape dans le sillage d'un autre jeune coureur, l'Australien Lucas Hamilton.

"Nous avons essayé de l'attaquer dans le final mais Primoz est toujours très fort. Alors je suis content de ma performance", a réagi Vlasov, troisième au classement général (à 1 min 11 sec) devant son coéquipier espagnol Ion Izagirre.

Dimanche, la 8e étape, habituellement très disputée dans l'arrière-pays niçois, se limite à un parcours de 92,5 kilomètres qui prend la forme d'une boucle autour de Levens.

L'arrivée est prévue après plusieurs tours d'un circuit qui emprunte à trois reprises la côte de Duranus (3,9 km à 3,7 %) puis la descente -technique- de Levens sur des routes que Roglic et une bonne partie du peloton connaissent pour les avoir sillonnées l'été dernier dans la deuxième étape du Tour de France.