Berger juge "totalement irresponsable" d'"agiter" le sujet des retraites

Paris (AFP) –

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Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé mardi "totalement irresponsable" de remettre sur la table la réforme des retraites, jugée toujours "utile et nécessaire" la veille par le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.

"Si cette petite musique, ça veut dire que des ministres ou d'autres pensent qu'on peut faire une réforme paramétrique, c'est-à-dire augmenter l'âge d'ici la fin du quinquennat, je leur dis +vous êtes dingues !+", a affirmé M. Berger sur Public Sénat, rappelant qu'"il y a un débat présidentiel en 2022".

"Ce dont on parlait sur les retraites: on parlait de sept à dix milliards il y a un an pour savoir comment on financerait l'avenir des retraites. Aujourd'hui on n'est plus dans cette épure-là sur les finances publiques (...). Donc balancer le sujet des retraites, l'agiter d'ici la fin qu quinquennat, (...) c'est totalement irresponsable", a-t-il insisté.

"On est dans un pays qui est tendu. Si vous mettez à la rentrée scolaire 2021 le sujet des retraites, vous avez des oppositions à tous les étages. Et ce n'est pas juste", a-t-il encore prévenu.

M. Berger reste attaché à une réforme "qualitative" des retraites et à la mise en place d'un "système universel", mais une telle réforme "n'est pas passable dans les mois à venir", souligne-t-il.

M. Dussopt avait estimé dans un entretien aux Echos lundi soir que la réforme des retraites restait "utile et nécessaire, pour construire un système plus juste en faveur des personnes dont les carrières sont hachées, et pour faire face aux déficits prévisionnels de grande ampleur du système de retraites".

"La question du calendrier relève du président de la République, sachant que la priorité absolue du moment reste de faire face à la crise sanitaire", avait-il ajouté.

Le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux avait lui estimé lundi que la réforme était "morte et enterrée".

Interrogé sur le retour de la "prime Macron", annoncé lundi lors de la troisième conférence du dialogue social à Matignon, M. Berger a souligné que les organisations syndicales devraient "se battre pour qu'elle soit versée", alors qu'il y a une "opposition frontale" du Medef contre la prime.

"Nous avons souhaité qu'il y ait un droit de retour de l'Etat si jamais les branches ne s'y engageaient pas (...) une contrainte beaucoup plus forte. Ca n'a pas été retenu", a-t-il déploré.

"Il y a une incitation à verser une prime, il faudra qu'on en fasse une obligation", a-t-il résumé.