Six nations: "Rees l'éclair", jeune visage du rebond gallois

Cardiff (Royaume-Uni) (AFP) –

Publicité

Le visage juvénile de Louis Rees-Zammit, 20 ans, est devenu au fil de ses courses foudroyantes depuis le début du Tournoi des six nations celui du rebond inattendu d'un pays de Galles aux portes du Grand Chelem avant de se déplacer en France samedi soir.

Lorsque "LRZ" a été appelé pour la première fois dans le groupe gallois l'an dernier, l'inoxydable Alun Wyn Jones est allé, par curiosité, jeter un œil à une compilation musicale de l'année de naissance du jeune ailier, 2001. "Ce n'était pas un grand cru. Je crois qu'il y avait dessus +Stronger+ de Britney Spears", avait alors plaisanté le deuxième ligne de 35 ans aux 147 sélections avec le XV du Poireau.

L'émergence de Rees-Zammit a donné un sérieux coup de vieux aux cadres de la dernière décennie (Wyn Jones, Biggar, Davies, Halfpenny...), que l'on pensait à bout de souffle après leur piètre Tournoi 2020, achevé à l'avant-dernière place. Elle leur a aussi donné un coup de fouet et l'espoir d'un Grand Chelem sur lequel personne, même en Principauté, n'aurait vraiment misé cette année.

La figure de proue de la nouvelle génération galloise est, en compagnie de l'Anglais Anthony Watson, le co-meilleur marqueur du Tournoi, avec quatre essais en autant de matches, dont un doublé décisif contre l'Ecosse (25-24) et un sprint de 80 mètres le week-end dernier en Italie (48-7), sur une interception.

Comparé à son compatriote George North en matière de précocité, Rees-Zammit l'est aussi à son coéquipier anglais de Gloucester Jonny May pour sa pointe de vitesse, que la pépite galloise dit avoir hérité de son père, Joe, un ancien joueur de football américain d'origine maltaise.

- Convoité par l'Angleterre -

Sa mère Maxine pratiquait, elle, le netball, un sport proche du basket très populaire au Royaume-Uni auprès des femmes, et son oncle Paul Rees a joué au rugby à haut niveau sous les couleurs du Cardiff RFC dans les années 1980.

Surnommé "Rees-Lightning" ("Rees l'éclair"), le petit Louis a planté ses premiers essais dans un quartier cossu de la capitale galloise, Llandaff, avant de quitter le nid familial à l'âge de 16 ans pour rejoindre, à une centaine de kilomètres de là, l'Angleterre et le prestigieux Hartpury College, une fabrique à champions.

Le garçon de bonne famille, bien élevé et légèrement introverti, s'y est rapidement fait remarquer par le centre de formation du club voisin de Gloucester, dont il est devenu, à 18 ans et 70 jours, le plus jeune joueur à porter le maillot à rayures en Premiership.

Le talent précoce de Rees-Zammit, qui est aussi le plus jeune joueur à avoir inscrit un triplé dans le championnat anglais, n'a pas non plus échappé à Eddie Jones: le sélectionneur du XV de la Rose a lui-même appelé l'ailier prodige pour le sonder sur ses envies de représenter un jour l'Angleterre, son pays de résidence.

"Rees l'éclair" a poliment repoussé ses approches et a connu contre la France en octobre la première de ses huit sélections en date avec le pays de Galles (pour cinq essais). Alors invité en guise de bizutage à chanter devant ses coéquipiers, il a choisi "Angels", de Robbie Williams. Au diable Britney Spears.