Mondiaux de patinage: Shcherbakova mène la danse, Trusova distancée

Paris (AFP) –

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A seize ans seulement et pour ses premiers Championnats du monde, la jeune patineuse russe Anna Shcherbakova mène la danse devant la Japonaise Rika Kihira à l'issue du programme court, mercredi à Stockholm.

A moins d'un an des JO-2022 (4-20 février), ces Mondiaux-2021, qui se déroulent à huis clos, vont délivrer le gros des quotas olympiques pour Pékin.

Avec 81 points, Shcherbakova compte un peu moins de deux points d'avance sur Kihira (79,08, 18 ans) avant le programme libre prévu vendredi soir. Une autre Russe, Elizaveta Tuktamysheva, sacrée championne du monde en 2015 et elle âgée de 24 ans, occupe la troisième place (78.86).

"Les tribunes pleines de gens qui vous encouragent avant et pendant votre programme, ça me manque. C'est peut-être pour ça que j'étais très nerveuse, avoue Shcherbakova, "ravie" de participer à sa "première compétition internationale de l'année" comme elle avait été "triste" de l'annulation d'autres auparavant, les Championnats d'Europe par exemple.

"J'ai contrôlé chacun de mes mouvements, je suis heureuse d'avoir réussi tous mes éléments techniques, surtout la combinaison de sauts", ajoute-t-elle.

Performance décevante en revanche pour l'autre jeune toupie russe attendue, Alexandra Trusova, seize ans également. La nouvelle élève d'Evgeni Plushenko ne pointe qu'en douzième position, à près de quinze points du podium (64,82), lourdement pénalisée par une prestation sans combinaison de sauts.

"Je crois que je n'ai pas su gérer mes émotions, je suis nerveuse en compétition dernièrement", reconnaît Trusova.

Combien de "quads" l'ado russe, adepte comme Shcherbakova des quadruples rotations, proposera-t-elle dans son programme libre ? "Je ne dirai rien, vous verrez", lance-t-elle.

- Tuktamysheva six ans plus tard -

Au contraire de Trusova, le trio de tête a patiné très proprement sur la glace suédoise. En particulier Tuktamysheva, créditée du meilleur score technique, et la seule avec Kihira à avoir misé - avec réussite - sur un triple Axel, la triple rotation la plus difficile à maîtriser, puisqu'elle exige en fait de réaliser trois tours et demi en l'air.

"J'ai beaucoup travaillé mon triple Axel, il passe bien, mais je savais qu'il restait presque un programme entier après. Je ne me suis sentie soulagée qu'une fois tous mes sauts derrière moi. Là, je me suis dit: +Ne fais rien de stupide sur la séquence de pas ou la pirouette+" qui arrivent à la fin, raconte-t-elle.

Tuktamysheva n'avait plus patiné aux Mondiaux depuis son sacre en 2015.

"C'était d'autant plus important pour moi d'y patiner proprement, souligne-t-elle. C'était ma meilleure prestation de la saison, je suis ravie que ça arrive ici."

"Je pense que c'est plus difficile de se qualifier aujourd'hui pour les Championnats du monde que de les gagner en 2015, le niveau est beaucoup plus relevé", estime la protégée d'Alexei Mishin.

Dans ces conditions, s'attaquera-t-elle à un "quad" vendredi pour tenir tête à la concurrence ?

"Je peux faire le quadruple boucle piqué, mais le plus important pour moi, c'est d'être propre et solide. Deux triples Axel, je pense c'est déjà bien", répond Tuktamysheva.

Kihira, en revanche, devrait elle tenter un quadruple Salchow. "J'ai progressé dessus par rapport à la saison dernière", promet la jeune Japonaise.