XV de France: "rien de spécial à changer" pour être sacré

Paris (AFP) –

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"Rester sur ce qu'il sait faire" et "ne pas se focaliser sur la différence de points". Pour remporter le Tournoi des six nations, une première depuis 2010, le XV de France n'a "rien de spécial à changer", assurent leurs glorieux aînés.

Les Bleus peuvent décrocher le titre vendredi contre l'Ecosse à condition d'inscrire quatre essais et de gagner de 21 points devant le XV du Chardon, meilleure défense du Tournoi.

"C'est évidemment faisable mais ce ne sera pas facile", estime auprès de l'AFP l'ancien deuxième ligne Fabien Pelous (118 sélections). "Les quatre essais, ça ne me paraît pas insurmontable mais les 21 points d'écart, il va falloir les marquer", poursuit celui qui partage le record de Grands Chelems (quatre en 1997, 1998 2002 et 2004) avec Olivier Magne et quatre joueurs anglais.

Pour Jean-Claude Skrela, vainqueur du Grand Chelem en tant que joueur (1977) et sélectionneur (1997-1998), "s'ils arrivent à arrêter les Ecossais, c'est jouable" car "21 points, c'est trois essais transformés." "Il faut qu'il gardent leur confiance, leur assurance et leur sérénité", souligne l'ancien troisième ligne (46 sél.) qui avait aussi guidé les Bleus vers une finale de Coupe du monde en 1999.

- Sans pression -

Quels sont les écueils à éviter ? "L'erreur serait de se focaliser sur cette différence de points, parce qu'au vu de leurs prestations, de la qualité des joueurs et de l'état d'esprit, ils en sont plus que capables", affirme l'actuel ouvreur du Racing 92 François Trinh-Duc (66 sél.), présent dans la troupe des derniers "grands chelemards" français en 2010.

"Ils n'ont rien de spécial à changer. Ils font un bon Tournoi, il faut qu'ils continuent avec la même envie, la même ambition. Ils n'ont aucune raison d'aller se mettre une pression sur ce match-là", abonde son partenaire de l'époque en équipe de France, l'ancien deuxième ligne Lionel Nallet (74 sélections). "Il ne faut pas se dire qu'il faut tout changer parce que c'est l'Ecosse et qu'il faut gagner ce Tournoi. Il faut qu'ils arrivent à faire abstraction de cela. Mais c'est un groupe qui n'a pas l'air de mal vivre la pression donc je ne m'inquiète pas trop pour eux", poursuit l'ancien joueur de Bourgoin-Jallieu, de Castres, du Racing 92 et de Lyon.

Un autre piège serait de "faire preuve d'un peu de suffisance", souligne Skrela. Mais "je ne crois pas qu'ils en arriveront là" parce qu'ils "veulent vraiment le gagner", ajoute l'ancien directeur technique national (2004-2014).

- "Equipe pragmatique" -

Pour autant, "il n'y a pas de recette magique", insiste Pelous. "Il faut de la régularité mais aussi un peu de chance et de la résilience" car "on ne maîtrise pas tout" et la tâche est encore plus "difficile" cette année "qui est impaire, donc avec trois déplacements".

L'équipe de Fabien Galthié a voyagé en Italie (50-10), en Irlande (15-13) puis en Angleterre (défaite 23-20) avant de recevoir le pays de Galles (32-30) samedi et de réaliser un époustouflant renversement de situation en toute fin de partie. "C'est facile: ils refont les huit dernières minutes du match face au pays de Galles, ils ne peuvent pas perdre", estime Skrela.

Le contexte contre le XV du Poireau incite à l'optimisme aussi pour Trinh-Duc. "Ce n'était pas leur meilleur match mais il y a eu des beaux essais et ils finissent plusieurs fois derrière les lignes sans marquer (3 essais refusés, NDLR). C'est quand même une équipe pragmatique qui sait mettre à mal les meilleures défenses."

Et Pelous de conclure: "La dernière minute de ce match contre le pays de Galle change tout: la confiance de l'équipe, les perspectives... Tout s'est joué là et ça reconditionne l'équipe à aller chercher quelque chose et à être motivée. Elle a son destin en main, c'est très important."