Six nations: Duhan van der Merwe, un gaucher écossais pas maladroit

Édimbourg (AFP) –

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Neuf sélections, six essais, dont celui, historique, de la victoire écossaise à Twickenham: l'ailier Duhan van der Merwe sera l'un des principaux atouts offensifs du XV du Chardon, opposé vendredi aux Bleus dans le Tournoi des six nations.

Né en Afrique du Sud puis éphémère espoir à Montpellier avant de devenir international écossais, la nouvelle pépite du rugby des Highlands a vécu un drôle de destin, qui l'a mené de George, dans la province du Cap-Occidental, à Edimbourg en passant par l'Hérault.

"Il est grand, rapide et costaud. La clé pour moi, ou tout ceux qui sont autour de lui, c'est de juste lui filer le ballon et de le laisser faire", a estimé le centre écossais Sam Johnson.

Selon son sélectionneur Gregor Townsend, Van der Merwe "est un excellent joueur", qui "travaille très bien sans ballon". "Il va vite, il est solide et il sait très bien casser les lignes et les plaquages. Il va encore s'améliorer", a ajouté le technicien.

Colosse au gabarit hors normes pour un ailier (1,93 m; 105 kgs), aussi puissant que rapide, van der Merwe est aussi un serial scoreur.

- Menace permanente -

Il a ainsi inscrit deux essais lors de ses deux premières titularisations avec l'Ecosse, d'abord face à la Géorgie (48-7) puis en Italie (28-17). Jusqu'à cet essai, lors de la première journée du Tournoi 2021, il y a plus d'un mois: au sortir d'une chandelle de Finn Russell, bien captée par Sean Maitland, le ballon rebondit jusqu'au talonneur George Turner, qui décale Van der Merwe.

L'ailier résiste à cinq Anglais pour inscrire le seul essai du match. Merci, au revoir: cinquante minutes plus tard, les Ecossais font tomber le XV de la Rose (11-6), chez lui, pour la première fois depuis 1983.

Un exploit majuscule qui garantit à Van der Merwe de n'avoir plus jamais à payer une bière dans les pubs d'Edimbourg ou de Glasgow.

"Evidemment, je suis heureux! C'est une grande victoire pour nous", a sobrement commenté le héros du jour.

Une menace permanente, qui a signé un doublé lors de la destruction de l'Italie (52-10) la semaine dernière, dont les Français feraient bien de se méfier. Surtout qu'il s'entend maintenant très bien avec l'ouvreur Finn Russell.

- 222 minutes en Top 14 -

"Je ne l'ai vraiment rencontré qu'en novembre. Avant d'arriver au camp d'entraînement, je n'étais sans doute pas son plus grand fan. Quand je jouais pour Glasgow, il était à Edimbourg et je me demandais qui était ce type, qui se baladait la tête haute, comme si c'était le meilleur... J'ai essayé de lui faire péter les plombs sur le terrain", a récemment raconté le joueur du Racing 92.

"On s'est retrouvés en sélection et, après le match contre la Géorgie, on a bu quelques bières. On s'est très bien entendu. C'est un bon gars en fait. La première chose qu'il m'a dite, c'est +Donne moi le ballon et je cours+. Donc c'est ce que je fais", a encore souri Russell.

Les Bleus sont prévenus. Lors de son unique saison en France, en 2016-2017, il fallait en effet avoir l'oeil: il n'a disputé que quatre matches, pour une seule titularisation, passé 222 minutes sur les terrains hexagonaux... et inscrit trois essais.

Pas mal pour un gamin d'alors 21 ans, qui n'avait pas été conservé par le MHR. Un temps entraîneur de Toulon mais parti depuis à Edimbourg, Richard Cockerill saute sur l'occasion pour débaucher la pépite.

Trois ans plus tard, malgré une blessure récurrente à une hanche, Van der Merwe est international écossais. Et avec lui, le XV du Chardon a retrouvé du piquant.