Coupe d'Europe de rugby: les Bleus sans sas de décompression

Toulouse (AFP) –

Publicité

Pas le temps de souffler. Une semaine seulement après la fin du Tournoi des six nations et dans la foulée de trois matches à haute intensité, les Bleus enchaînent ce week-end avec leurs clubs en Coupe d'Europe. Un bon moyen de "passer à autre chose" rapidement.

Les corps et les esprits encore marqués par la défaite subie la veille au soir contre l'Ecosse (27-23), les internationaux français de Toulouse, à peine rentrés de Marcoussis, ont tenu samedi dernier à assister depuis les tribunes du stade Ernest-Wallon au match de leurs coéquipiers contre Montpellier en Top 14.

Ils ont eu le droit le lendemain de penser un peu à autre chose qu'au rugby (ou pas) avant de remettre le bleu de chauffe dès lundi pour préparer leur huitième de finale de Coupe d'Europe, samedi, chez les Irlandais du Munster.

"On savait très bien qu'on aurait en rentrant des échéances importantes qui arriveraient très vite", relativise le demi de mêlée Antoine Dupont. "On n'a pas eu beaucoup de repos, mais on s'y était préparé".

Les Bleus des Rouge et Noir n'ont pas tous regagné le Sud-Ouest dans le même état physique. Le pilier droit Dorian Aldegheri a peu joué avec le XV de France et l'ouvreur Romain Ntamack n'a pris le Tournoi qu'en cours de route après avoir été éloigné des terrains pendant plus de deux mois sur blessure.

- "Investis et concernés" -

"Romain n'est pas émoussé. Au contraire, ça lui a même fait du bien pour s'éprouver à haut niveau", estime son entraîneur à Toulouse, Ugo Mola.

Le talonneur Julien Marchand, le pilier gauche Cyril Baille et Antoine Dupont ont en revanche "été beaucoup exposés, avec un enchaînement de trois rencontres de très haut niveau (Angleterre, pays de Galles, Ecosse)", poursuit le technicien.

"Dans un monde normal, on aurait eu la possibilité de les réintégrer tranquillement sur un match de championnat et de jouer derrière un match de phase finale de Coupe d'Europe", souligne Mola.

Sans la vague de contaminations au sein du XV de France, ayant entraîné le report du match contre l'Ecosse, son homologue de Toulon Patrice Collazo aurait récupéré une semaine plus tôt ses internationaux français.

"On aurait préféré les accueillir dans de meilleures conditions qu'après notre contre-performance de la semaine dernière (une lourde défaite 54-16 contre Lyon en championnat)", note le coach du RCT à deux jours d'un déplacement périlleux en Irlande vendredi, chez la province du Leinster. "Mais j'ai retrouvé des joueurs investis et concernés. Ils sont contents de rentrer et savent faire la part des choses".

- "Un peu moins frais" -

Face à cette cadence infernale de gros matches, il y a effectivement ceux, comme Julien Marchand, qui sont d'abord heureux de reprendre leurs marques à la maison après un long tunnel chez les Bleus.

"On s'est régalé pendant deux mois là-bas, mais c'est un réel plaisir de revenir ici à Toulouse, de retrouver les habitudes et le groupe", apprécie le jeune talonneur.

Il y a aussi ceux, comme Ntamack, qui y voient un bon moyen de garder le rythme: "On reste dans la même concentration que pendant le Tournoi. On n'a donc pas le temps de se relâcher".

Et il y a ceux, comme le demi de mêlée toulonnais Baptiste Serin, pour qui enchaîner rapidement permet de ne pas trop ruminer la "frustration" de la fin de Tournoi: "Il faut passer à autre chose".

"Nous, les internationaux, sommes quand même un peu moins frais car ça a été une épopée longue, dure mentalement et physiquement. Certains Toulonnais ont beaucoup joué", souligne-t-il alors que son coéquipier varois Charles Ollivon a notamment disputé l'intégralité des cinq rencontres de la compétition.

Tous n'ont pas pour autant envie d'être au repos la semaine prochaine. "Ca ne serait pas forcément très bon signe", sourit Dupont.

Ce serait le signe d'une élimination en Coupe d'Europe ce week-end. Les vacances peuvent donc encore attendre.