Tennis: de Sinner à Berrettini, les artistes de la Renaissance italienne

Rome (AFP) –

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La jeunesse avec Sinner et Musetti. La confiance avec Berrettini ou Sonego. L'expérience avec Fognini. Le tennis italien confirme sa belle santé en ce printemps et aborde avec gourmandise le Masters 1000 de Rome qui débute ce dimanche.

"L'Italie a redécouvert le tennis", se réjouit l'ex-champion italien Paolo Bertolucci, ravi que les bons résultats des Azzurri aient "réveillé" la passion pour la petite balle jaune au pays du calcio.

"Je le vois quand je vais prendre de l'essence. Avant c'était seulement bonjour, bonsoir. Aujourd'hui on m'interroge sur Sinner et sur Musetti, on me demande si l'Italie peut gagner la Coupe Davis...", a-t-il raconté vendredi au Corriere dello Sport.

La Coupe Davis, l'Italie ne l'a pourtant gagnée qu'une fois, en 1976. Mais les ambitions autrefois enfouies ne le sont plus.

Dans la foulée du bon Roland-Garros de l'automne dernier, avec deux Azzurri en huitièmes pour la première fois dans l'ère Open (depuis 1968), l'année a bien démarré.

Avec des titres pour Matteo Berrettini (Belgrade), Lorenzo Sonego (Cagliari) et Jannik Sinner (Melbourne). Et deux finales en Masters 1000, la catégorie la plus importante après les Grands chelems (Sinner battu à Miami et Berrettini ce dimanche à Madrid), un plaisir que les Italiens n'avaient connu qu'une fois, avec la victoire de Fognini à Monte-Carlo en 2019.

- "Pas de coïncidence" -

Signe de cette période faste, le tennis italien a placé en avril pour la première fois dix représentants dans le Top 100. Avec notamment les deux plus jeunes joueurs, avec Jannik Sinner (18e) et Lorenzo Musetti (83e), âgés de 19 ans.

"C'est magnifique d'être aussi nombreux", soulignait Sonego il y a un mois avant de remporter le tournoi de Cagliari. "On se soutient les uns les autres et il n'y a pas de coïncidence, quand l'un a de bons résultats, les autres suivent."

Tout en rappelant sa "neutralité", le président de l'ATP, l'Italien Andrea Gaudenzi, ne cache pas son "admiration": "Ce qui frappe c'est le mélange entre joueurs d'expérience qui peuvent encore beaucoup donner comme Fognini, de jeunes champions déjà affirmés comme Berrettini et en partie Sonego, et des espoirs capables de marquer la prochaine décennie", a-t-il confié à la Gazzetta dello Sport.

"Avec Sinner et Musetti, on est bien pour les dix prochaines années", a récemment aussi assuré le "vétéran" Fabio Fognini (28e mondial), qui aura 34 ans dans deux semaines.

À Rome, ils sont au moins huit dans le tableau principal, en attendant les ultimes qualifiés.

- "Pointe de l'iceberg" -

De quoi espérer quelques belles "perfs" sur le Foro Italico même si les Italiens sont loin d'être favoris dans un tournoi qui est la chasse gardée de Rafael Nadal (9 titres) et Novak Djokovic (5 titres).

Le dernier Italien à s'y être imposé est Adriano Panatta, toujours en 1976, année où il avait aussi remporté Roland-Garros et décroché le meilleur classement mondial jamais obtenu par un Italien (4e).

Pour Bertolucci, le "facteur clé" de cet âge d'or azzurro tient au fait que le tennis italien soit sorti de son "provincialisme": "Des techniciens ont compris que le tennis est international et qu'il fallait aller se confronter à d'autres écoles dans le monde, les jeunes l'ont compris aussi", estime-t-il.

"Je me plais à penser que ces bons résultats, sont la pointe émergée de l'iceberg et que, sous la surface, il y a un grand travail de tout le secteur, avec des dizaines et des dizaines de tournois internationaux dans toutes les régions d'Italie", souligne le président de la Fédération italienne Angelo Binaghi, en rappelant notamment que Turin accueillera le Masters à partir de cette année.

Le dirigeant voit aussi un impact du fort développement en Italie du padel, sport dérivé du tennis.

À Rome, le retour attendu du public ne sera pas la moindre des motivations pour les joueurs italiens. Pour goûter aux applaudissements, ils doivent toutefois réussir à atteindre les huitièmes, les portes ne se rouvrant aux fans que jeudi prochain.