Coupes d'Europe de rugby: "le public nous a manqué", assure l'EPCR

Paris (AFP) –

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Le retour du public, l'avenir des Coupes d'Europe, l'intégration des franchises sud-africaines... "Ne pas avoir eu du public depuis plus d'un an, ça nous a manqué", a dit à l'AFP Vincent Gaillard, directeur général de l'EPCR, l'organisateur, avant les finales européennes de rugby.

Toulouse et La Rochelle en Coupe d'Europe, Montpellier (face aux Anglais de Leicester) en Challenge européen s'affrontent vendredi et samedi à Twickenham, devant 10.000 spectateurs.

Question: Jouer des finales avec du public, c'était important?

Réponse: "Bien sûr. C'est clair que le public est essentiel au sport en général, au rugby en particulier, aux coupes d'Europe évidemment... Ne pas avoir eu du public depuis plus d'un an, ça nous a manqué: le bruit, les encouragements, les émotions... Avoir un retour du public en force, c'est une très très bonne nouvelle."

Q: Il y a un côté financier, également, non?

R: "Oui mais, très franchement, ce n'est pas ce qui a primé le plus. D'abord parce que les coûts de location d'un stade comme Twickenham sont assez conséquents. Même s'il y aura un petit bénéfice dégagé sur ces finales, on est loin de ce qu'on peut faire d'habitude: on est autour de 200.000 ou 300.000 euros de profit pour l'ensemble du week-end avec 10.000 spectateurs par match. En comparaison, un week-end normal de finales, c'est plutôt entre 1,5 et 2 millions en moyenne."

Q: Avec trois clubs de Top 14 en finale, avez-vous songé à décaler ces matches en France?

R: "La question s'est posée depuis plusieurs semaines, on s'y attendait un peu. Les scénarios avaient été anticipés, on a estimé que Twickenham restait LA solution en raison du public et d'un environnement sanitaire plus prévisible mais aussi parce que ça offrait aux joueurs l'opportunité de jouer dans un stade mythique. Une fois la décision prise, avant même les demi-finales, il n'a pas été question de revenir en arrière. La situation en France était extrêmement complexe: on aurait joué la finale du Challenge européen à huis clos parce qu'elle était après le couvre-feu (vendredi 21h00, ndlr); on n'aurait pas eu plus de 1.000 spectateurs pour celle de Coupe d'Europe (samedi 17h45, ndlr)... On a parlé aux clubs et la plupart sont excités d'aller jouer dans un endroit pareil."

Q: Les délégations ont été limitées à une cinquantaine de personnes, empêchant certains joueurs blessés ou suspendus de participer à la fête.

R: "C'est un peu plus que ça, en fait: on est plutôt à 54, c'est-à-dire à peu près dans la moyenne. Je crois que la LNR a imposé des quotas un peu en dessous pour ses demi-finales. Ça laisse beaucoup de gens sur le côté mais le contexte sanitaire fait que les personnes qui peuvent bénéficier de l'exemption de quarantaine doivent être liées directement au match. Pour les joueurs absents, on a fait des demandes, elles sont encore en cours mais elles ont très peu de chances d'aboutir..."

Q: Un mot sur la saison prochaine?

R: "Avant ça, nous venons de signer un nouvel accord de gouvernance pour les coupes d'Europe: nos parties prenantes (Fédérations et Ligues, ndlr) ont re-signé pour un futur des coupes d’Europe jusqu'en 2030 minimum. C'est une très bonne nouvelle. Pour la saison prochaine, vingt-quatre équipes seront qualifiées. Le format n'a pas été encore complètement validé mais ce sera très probablement deux groupes de douze, sur un schéma à peu près identique à celui de la saison en cours."

Q: Avec des franchises sud-africaines?

R: "Il n'y aura pas de clubs sud-africains en Coupe d'Europe la saison prochaine, c'est une certitude. En Challenge, théoriquement, c'est possible. On regarde la possibilité mais c'est assez peu probable. Il y a des détails à régler, notamment au niveau du Pro 16."

Propos recueillis par Nicholas Mc ANALLY