Darmanin à la manifestation des policiers: "pas de tribune" pour les politiques, estime le syndicat Synergies

Paris (AFP) –

Publicité

"Nous n'offrons pas de tribune" aux nombreux politiques qui se mêleront au rassemblement des policiers mercredi devant l'Assemblée nationale, "y compris" au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui a annoncé sa présence, a déclaré mardi Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergies Officiers.

"On a invité tout le monde (...) Le ministre de l'Intérieur a dit qu'il passerait, grand bien lui fasse, au contraire. Il est le bienvenu, mais en tout état de cause pour tous les politiques, y compris le ministre de l'Intérieur, (il n'y a) pas de tribune, de piédestal", a déclaré M. Ribeiro au micro de RMC.

"Ils viennent saluer le +peuple policier+, voir nos collègues, peuvent discuter avec eux, mais nous ne leur offrons pas une tribune", a-t-il insisté, alors que des responsables politiques de tous bords ont dit vouloir se rendre au rassemblement.

Gérald Darmanin "ne va pas manifester contre lui-même, il sera dans son rôle de ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire de premier policier de France, il ira saluer les policiers dans un moment où il est essentiel que la nation toute entière montre à quel point nous sommes derrière nos forces de l'ordre", a justifié sur LCI le patron de LREM Stanislas Guerini, en précisant que son mouvement participerait au rassemblement.

"Je ne suis pas persuadé que la place d'un ministre soit dans une manifestation, après c'est courageux d'aller à la rencontre de ses troupes sans filtre", a réagi sur Sud Radio le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, qui, pour sa part, "ira à leur rencontre".

"Je pense qu'on n'a jamais vu un ministre de la République manifester contre sa politique, donc c'est une façon pour monsieur Darmanin de s'exonérer de ses responsabilités", a raillé sur franceinfo le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan en annonçant lui-aussi sa présence.

#photo1

Alors que la sécurité est redevenue un thème de campagne électorale, à quelques semaines des régionales et à un an de la présidentielle, de nombreux élus devraient être présents à ce rassemblement des policiers, qui réclament une sévérité pénale accrue contre les agresseurs de forces de l'ordre.

Le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella mais aussi le candidat du PCF à la présidentielle Fabien Roussel et le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure ont notamment dit qu'ils iraient.

Le rassemblement est prévu de 13H00 à 15H00 et les citoyens sont invités à y participer.

Les syndicats ont décidé de l'organiser après le meurtre du policier Eric Masson, sur un lieu de deal à Avignon, le 5 mai. Un drame qui a ébranlé la police, déjà marquée par l'assassinat le 23 avril de l'agente administrative Stéphanie Monfermé, au sein même du commissariat de Rambouillet (Yvelines).

Après le meurtre d'Avignon, le gouvernement avait rapidement donné des gages aux syndicats de policiers, reçus le 10 mai à Matignon.

Le Premier ministre Jean Castex s'est notamment engagé à étendre à trente ans la période de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme, et à limiter strictement les possibilités de réduction des peines pour ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre.

Mais l'exécutif n'a pas retenu la revendication principale des syndicats, l'instauration de peines minimales pour les agresseurs des forces de l'ordre.