Natation: nouveau coup dur pour Bonnet, débuts bronzés pour Ndoye Brouard

Budapest (AFP) –

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Championne d'Europe sortante mais finalement au pied du podium du 200 m, Charlotte Bonnet, pas encore qualifiée pour les Jeux olympiques de Tokyo, a connu une désillusion de plus en finale continentale, jeudi à Budapest.

Pour son premier championnat international en grand bassin, Yohann Ndoye Brouard, un des visages de la génération Paris-2024, s'est lui invité sur la troisième marche du podium du 100 m dos, à vingt ans.

Venue avec l'ambition assumée de conserver l'or européen conquis en 2018, Bonnet a pris les commandes dès le début de la course. Au dernier virage, la Niçoise de 26 ans était encore en tête. Mais tout a basculé dans la dernière longueur, où l'ont doublée la Tchèque Barbora Seemanova, victorieuse en 1 min 56 sec 27, l'Italienne Federica Pellegrini (1:56.29) et la Britannique Freya Anderson (1:56.42).

Bonnet, finalement quatrième en 1 min 56 sec 55, n'a pas masqué sa déception.

"Je suis bien jusqu'aux 150 mètres, et j'ai super mal à la fin. J'ai vraiment souffert. Même là, en vous parlant, j'ai du mal à tenir debout, j'ai mal aux jambes", souffle l'élève de Fabrice Pellerin, double finaliste mondiale (2017 et 2019) du 200 m.

- "Difficile à encaisser" -

"C'est difficile à encaisser, avoue-t-elle. Mentalement, c'est dur de ne pas être récompensée de tout ce que j'investis depuis des années dans l'entraînement. J'ai sacrifié beaucoup de choses pour en être là."

"C'est difficile de voir ce genre de chrono, la quatrième place… C'est tellement loin de ce que j'ai été capable de faire", déplore Bonnet.

Ce qu'elle a été capable de faire, c'est un 200 m en moins de 1 min 55 sec, précisément en 1 min 54 sec 95, pour se parer d'or européen en 2018 à Glasgow. La même année, elle s'est aussi emparée du record de France du 100 m (52.74).

Mais Bonnet court depuis après sa meilleure forme. En 2019, une épaule douloureuse l'a freinée, puis en 2020, la pandémie de Covid-2019 l'a privée de compétition pendant dix mois.

Quand elle a replongé en décembre dernier, elle ne l'a pas retrouvé à temps pour obtenir au plus tôt sa qualification pour Tokyo. A trois reprises, elle a échoué de peu. D'abord pour deux centièmes à Saint-Raphaël (1:56.65), puis pour 33 à Nice début février (1:56.96), et enfin pour quatorze à Marseille fin mars (1:56.77).

Pas d'autre choix du coup que de patienter jusqu'aux Championnats de France mi-juin à Chartres pour empocher son sésame.

Sur 100 m dos, l'épouvantail Kliment Kolesnikov écarté la veille en demi-finales, la relève du dos tricolore incarnée par Ndoye Brouard et Mewen Tomac (19 ans) nourissait des ambitions légitimes.

- Manaudou prend la température -

Si Tomac a longtemps été le mieux placé, c'est finalement Ndoye qui s'est hissé sur le podium, à la troisième place, ex aequo avec le Grec Apostolos Christou, record personnel égalé en 52 sec 97.

Une confirmation de son ascension prometteuse, deux mois après son brillant week-end marseillais récompensé par deux billets olympiques sur 100 m dos et 200 m dos.

"Comme c'était ouvert, je me dis que j'aurais pu faire un dixième de mieux et être champion d'Europe (le Roumain Glinta s'est imposé en 52.88, ndlr). Mais c'est ma première médaille en compétition internationale, pour mes premiers Championnats d'Europe, je suis trop content", sourit-il.

Trois centièmes ont manqué à Tomac (5e en 53.00) pour être à pareille fête.

"Je pensais être devant, et non..., regrette-t-il. J'ai raté ma touche et je passe à côté d'un beau truc. Il m'a manqué un peu de jus dans les cannes pour faire une dernière grosse ondulation à l'arrivée."

Arrivé mercredi soir dans la capitale hongroise, Florent Manaudou a lui pris la température dès jeudi sur 50 m papillon, en séries puis en demi-finales, pour son premier championnat international en grand bassin depuis son retour à la natation au printemps 2019.

"C'était bien de pouvoir faire deux courses avant le 50 m, apprécie le champion olympique 2012 et vice-champion olympique 2016 de l'aller simple. Il y a quatre ans (lors des Mondiaux-2017 déjà à Budapest, ndlr), j'étais en haut à commenter, et j'ai fait beaucoup de compétition ici avec l'ISL (la ligue privée née en 2019), mais en petit bain".

Rendez-vous désormais sur 50 m samedi et dimanche.