La reprise du groupe de presse Tribune Publishing par le fonds spéculatif Alden validée

New York (AFP) –

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La reprise du groupe américain de presse Tribune Publishing, qui contrôle notamment le Chicago Tribune ou le New York Daily News, par le fonds spéculatif Alden Global Capital a été votée vendredi, une issue que redoutaient beaucoup de salariés, inquiets de possibles réductions de coûts drastiques.

Lors d'une assemblée générale extraordinaire, une majorité d'actionnaires s'est prononcée en faveur de l'offre d'Alden, qui valorise Tribune Publishing 633 millions de dollars environ.

L'entrepreneur du Maryland Stewart Bainum avait tenté de mettre sur pied une offre concurrente, mais il n'est pas parvenu à réunir les fonds nécessaires. Aucun autre acquéreur potentiel ne s'est manifesté.

Outre le Chicago Tribune et le New York Daily News, Tribune Publishing détient également le Orlando Sentinel, le Baltimore Sun, ou encore le Hartford Courant. Il a réalisé en 2020 un chiffre d'affaires de 746 millions de dollars.

Créé en 2007, Alden Global Capital s'est spécialisé dans le rachat de titres ou groupes de presse en difficulté, parmi eux le Boston Herald, le Denver Post et le San Jose Mercury News. Il s'est aussi signalé par une stratégie de réductions de coûts très agressive, qui passe presque systématiquement par des licenciements de journalistes.

Après que ses actionnaires ont fait passer sa rédaction de 300 à moins de 100 personnes, l'équipe éditoriale du Denver Post avait lancé, à la une, un appel au secours, en avril 2018, pour dénoncer ces méthodes de gestion et demander à Alden de vendre le titre, sans succès.

Mais la vente de Tribune Publishing montre que la presse locale n'attire plus les investisseurs, en proie à des difficultés structurelles dont elle ne parvient pas à se sortir.

Contrairement à quelques titres nationaux comme le New York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal, la presse locale américaine, quotidienne en particulier, n'a pas réussi à compenser la baisse des ventes de ses éditions imprimées et des recettes publicitaires par une augmentation suffisante des abonnements en ligne.

Avant même la reprise par Alden Global Capital, Tribune Publishing avait déjà procédé à des coupes budgétaires, fermant, l'an dernier, les rédactions du New York Daily News ou du Baltimore Sun, pour privilégier le télétravail uniquement. Des mesures justifiées par la crise du coronavirus, mais que beaucoup voyaient comme définitives, les baux ayant été rompus et les bureaux vidés.

"C'est une journée triste pour le journalisme", a tweeté Gregory Pratt, journaliste du Chicago Tribune.