Coupe d’Europe de rugby: Ntamack, tel père tel fils

Londres (AFP) –

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Une famille quatre étoiles. Romain et Émile Ntamack sont devenus le premier duo père-fils de l'histoire à remporter la Coupe d'Europe de rugby, samedi, avec la victoire de Toulouse devant La Rochelle (22-17) lors de l'édition 2021.

"Milou" en a même remporté trois, en 1996 face au Cardiff RFC, en 2003 devant Perpignan et 2005 contre le Stade français. Vingt-cinq ans plus tard, c'est donc le fiston qui a inscrit, à son tour et pour la première fois, son nom au palmarès de la plus prestigieuse des compétitions de clubs du continent.

La cinquième étoile pour le Stade toulousain, désormais le club le plus titré de la Champions Cup. Et Romain a largement apporté sa pierre à l'édifice haut-garonnais en inscrivant 69 points durant la campagne européenne, dont 17 à Twickenham. Onze ans jour pour jour après la finale de 2010.

Au delà de l'anecdote, c'est aussi la démonstration que Toulouse a la Coupe d'Europe dans le sang. Le président Didier Lacroix, le manager Jérôme Cazalbou, le membre du directoire Thomas Castaignède, les adjoints Clément Poitrenaud, Jean Bouilhou et Virgile Lacombe... l'ont tous notamment remportée comme joueur.

Et Ugo Mola, le coach en chef, est devenu le deuxième homme à s'imposer en Champions Cup en tant que joueur et entraîneur après le patron du Leinster Leo Cullen, sacré avec la province irlandaise en 2009, 2011 et 2012 comme deuxième ligne puis en 2018 comme coach.

Mais tout ça, Romain Ntamack ne "le savait pas", a-t-il admis dans la semaine. "Je n'y pense pas du tout: j'essaie de rester concentré sur mon match et sur l'équipe. Si on a la chance de gagner, ça sera un clin d'oeil de plus à l'histoire du club et de notre famille. Mais ça reste quand même anecdotique", a expliqué l'ouvreur.

"Il me laisse vivre mon expérience, ma finale comme je la sens. Il ne va pas faire l'ancien à me dire ce qu'il faut faire ou pas. Il me dit juste de profiter des ces instants parce qu'ils sont rares. C'est peut-être la première et la dernière finale de Coupe d'Europe qu'on disputera", a-t-il ajouté.

Dans le temple du rugby, Ntamack junior a livré une prestation solide à défaut d'être brillante, à peine gâchée par une réception mal assurée sur un ballon aérien en première période (13e), une passe dans les chaussettes de Maxime Médard (21e) ou une incompréhension avec Antoine Dupont (62e) dans un match aussi âpre que rugueux.

Car, ensuite, l'ouvreur du XV de France (22 ans, 20 sélections) a assuré avec 100% de réussite au pied (6 sur 6) avant d'être impliqué sur l'essai décisif de l'Argentin Juan Cruz Mallia (59e). Un sacré contraste avec son homologue de La Rochelle, le Néo-Zelandais Ihaia West qui a trouvé le poteau sur ses trois ratés.

Cette fois, Romain le fils a donc fait mieux qu'Emile le père, polyvalent trois-quarts bredouille en finale de Coupe d'Europe malgré 107 points inscrits en 49 matches sur la scène continentale. Le coup fil traditionnel d'après-match du père à son fils -"une routine qui s'est installée depuis quelques années", a confié le petit Ntamack à l'AFP-, remettra les choses dans le bon ordre. Une famille en or.