Natation: le temps presse pour Metella

Budapest (AFP) –

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Opéré de l'épaule gauche il y a près d'un an et demi, Mehdy Metella court après la forme depuis. A trois semaines des sélections olympiques et deux mois des Jeux de Tokyo, le temps presse pour le sprinter, éliminé dès les séries du 100 m papillon aux Championnats d'Europe, samedi à Budapest.

"Venu regoûter à l'adversité", Metella ne s'y sera mesuré que le temps d'un aller-retour dans le bassin hongrois. Son 100 m papillon nagé en 52 sec 31, 19e chrono, très loin de l'ultra-dominateur Kristof Milak (50.64), ne lui a pas permis de passer le cut des séries samedi matin.

"J'avais un plus grand projet que ça, mais ça n'est pas passé, tant pis. Ce n'est pas une année très facile pour moi", rappelle le Guyanais de 28 ans, "lessivé physiquement" par ses récentes charges d'entraînement.

Son épaule, opérée en janvier 2020, a d'abord demandé une longue rééducation. Depuis, elle continue de le faire souffrir quand il y va fort.

"J'ai eu des grosses périodes de douleur quand on +tabassait+. Il y avait des semaines où ça faisait très, très mal. J'enchaînais les kinés, la glace juste après les entraînements", raconte le médaillé de bronze mondial 2017 du 100 m.

"Elle a été fragile pendant un long moment", confirme Arnaud Rondan, un des entraîneurs marseillais.

- "En dents de scie" -

Avec cette articulation, "on marche sur des œufs, on fait très attention à ce qu'on fait, on essaie au maximum d'en prendre soin", ajoute-t-il.

Au-delà cependant, "il a eu une année en dents de scie, avec des absences dues à son épaule, au Covid (début avril)...", retrace le technicien. "A partir de janvier, il s'est vraiment remis au boulot. Il revient, il travaille bien récemment. Mais ça a vraiment été des hauts et des bas. Il y a quand même eu des trous entre-temps. Ce n'est jamais régulier."

"On espère que ce sera suffisant, en tout cas on fait tout pour optimiser ses chances", poursuit-il.

Le premier enjeu pour Metella, c'est la qualification olympique dans à peine plus de trois semaines (15-20 juin) aux Championnats de France à Chartres. La barre est placée à 51 sec 96 sur 100 m papillon, et à 48 sec 57 sur 100 m, où la concurrence sera plus forte (Grousset et Mignon).

Si Rondan valide l'image d'une course contre-la-montre, le sprinter marseillais n'y adhère pas du tout.

"C'est ce que je n'aime pas entendre et que mon coach (Julien Jacquier, ndlr) me disait: +On n'a plus le temps, on n'a plus le temps+. Deux ans en arrière, il me disait: +Patience, patience+. C'est plutôt aujourd'hui la patience, parce que je fais du 100 m, pas du 50 m. Tu ne peux pas revenir d'un coup et faire 50 sec sur 100 m papillon et 47 sec sur 100 m", explique Metella.

- "Pas à l'abri d'une surprise" -

"Je ne contrôle pas mon corps, insiste-t-il. En un an d'arrêt, il a complètement changé, j'ai du mal à récupérer."

Depuis qu'il a replongé, et avant Budapest, Metella n'a nagé que deux fois en compétition - après un an sans - aux Championnats de France à Saint-Raphaël en décembre dernier, et à Marseille fin mars. Sans passer sous les 52 sec sur 100 m papillon, ni sous les 49 sec sur 100 m.

"Pour le moment, je ne pense pas vraiment à la qualification pour les Jeux. Il reste un mois, et en un mois, tout peut arriver", estime Metella, désormais freiné en musculation par son épaule mais devenu "plus sérieux" en récupération.

Rayon alimentation, c'est une autre histoire. "J'ai arrêté de suivre la diététicienne parce que ça me gonflait: ce que j'avais besoin de manger, c'était le double de ce qu'on me demandait de manger", lance-t-il.

Sa seule sortie en compétition avant Chartres, le meeting de Canet début juin (1er-2 juin), en dira un peu plus sur son niveau.

Et même si rien n'est simple avec Metella, "Mehdy est redoutable, il ne faut pas l'enterrer", prévient Rondan. "Bien sûr il est humain, il a eu des doutes, mais c'est un compétiteur, il peut surprendre. On ne sait jamais avec lui, on n'est pas à l'abri d'une surprise."