Natation: encore du chemin pour Manaudou, hors podium européen à deux mois des JO

Budapest (AFP) –

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A deux mois des Jeux de Tokyo (23 juillet - 8 août) où il ambitionne de reconquérir l'or olympique, Florent Manaudou n'est même pas monté sur le podium européen du 50 m, seulement cinquième en 21 sec 81, dimanche à Budapest.

Deuxième temps des séries (21.86) puis des demi-finales samedi, Manaudou (30 ans) n'a pas su tenir son rang en finale, pour son premier championnat international en grand bassin depuis son retour à la compétition au printemps 2019, après deux ans et demi de break.

C'est l'inattendu Finlandais Ari-Pekka Liukkonen (32 ans) qui s'est imposé, en 21 sec 61, devant le Britannique Benjamin Proud (21.69) et le Grec Kristian Gkolomeev (21.73).

La veille, le champion olympique 2012 et vice-champion olympique 2016 de l'aller simple avait pourtant signé son meilleur temps de la saison (21.72 jusque-là), aussi le deuxième 50 m le plus rapide de sa seconde carrière, en 21 sec 67 (derrière ses 21.56 en janvier 2020 à Luxembourg). Et il espérait faire baisser encore le chrono d'"à peu près un dixième" dimanche soir.

Mais l'aiguille est inopportunément repartie dans le sens inverse, au bout d'une finale pas extrêmement rapide.

- Sensations en décalage -

A chaud, Manaudou, déçu de nager "moins vite qu'hier (samedi) surtout", décrivait des sensations en décalage par rapport à son résultat.

"Je pensais être bien dans la course, et le temps n'est pas très bon. Il faut vraiment que je voie les images", réagit-il.

"Je pensais avoir fait une course correcte, avoir bossé sur ce que j'avais à bosser. Peut-être qu'en mettant un peu plus, je passe un peu au travers, s'interroge-t-il encore. Il n'y a que quinze centièmes d'écart avec hier (14 en fait, ndlr) mais c'est dommage quand même."

"Un 50 m, ça se ressent. Mais entre le temps que j'ai ressenti et le temps que j'ai fait, il y a une grosse différence", résume Manaudou, en écartant toute tension éventuellement due à une finale internationale.

Y a-t-il de quoi s'inquiéter, à deux mois des JO ?

A titre de comparaison, on se souviendra qu'en 2016, Manaudou avait nagé en 21 sec 73 pour s'offrir l'or européen fin mai à Londres, avant de voir l'or olympique lui échapper pour un centième seulement, en 21 sec 41 (21.40 pour Ervin), un peu plus de deux mois plus tard.

C'est précisément ce qu'il rappelle à la sortie du bassin hongrois. "L'année de Rio, je nage 21 sec 7/10e aux Championnats d'Europe. Ça ne veut rien dire, ce sont des courses d'un jour, on verra au bout. Je vais donner tout ce que je peux donner", promet-il.

- Hénique onze ans après -

Pour le sprinter marseillais, le rendez-vous européen n'était que la première d'une série de quatre compétitions en un mois, et d'au moins une dizaine de 50 m, avant les JO.

Suivront les meetings de Monaco (29 et 30 mai), de Canet-en-Roussillon (1er et 2 juin), et les Championnats de France à Chartres, du 15 au 20 juin. Sans la pression de la qualification olympique pour lui, qui fait partie des cinq nageurs bleus qui ont empoché leur sésame dès fin mars au bout de la première phase de qualification imaginée par l'encadrement tricolore.

"C'est une étape, il reste pas mal de courses", confirme Manaudou, qui n'avait engrangé que dix 50 m en grand bassin avant Budapest.

Maxime Grousset, l'autre Français engagé en finale du 50 m, a lui terminé septième, en 22 sec 02.

Onze ans après son premier, et jusque-là seul, podium européen en grand bassin, et dix après son unique podium mondial en bassin de 50 m, deux médailles de bronze sur 50 m papillon, Mélanie Hénique s'est offert la médaille d'argent sur cette distance non olympique.

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Hénique (28 ans), billet olympique en poche sur 50 m, a bouclé sa course en 25 sec 46. Derrière la Néerlandaise Ranomi Kromowidjojo (25.30), mais devant la Danoise Emilie Beckmann (25.59).

La natation française achève ainsi la compétition hongroise avec cinq médailles, après l'or du 100 m papillon et l'argent du 100 m pour Marie Wattel, le bronze du 100 m dos pour Yohann Ndoye Brouard, et le bronze obtenu aussi par le 4x100 m féminin.