Tour d'Italie: Campenaerts gagne avant les Dolomites  

Gorizia (Italie) (AFP) –

Publicité

Un forcing payant: le Belge Victor Campenaerts, surtout connu pour ses qualités de rouleur, a gagné dimanche dans la ville-frontière de Gorizia la 15e étape du Giro, à la veille des grands cols des Dolomites.

Tout près de la frontière avec la Slovénie, Campenaerts, qui détient le record de l'heure, a signé la troisième victoire en cinq jours pour l'équipe sud-africaine Qhubeka. Le jour où son sprinteur, le champion d'Europe Giacomo Nizzolo, renonçait à poursuivre le Giro en dévoilant son ambition pour le championnat du monde, fin septembre, en Belgique.

Campenaerts s'est retrouvé avec deux coéquipiers (Walscheid, Wisniowski) dans l'échappée de 15 coureurs formée dès le... second départ de l'étape. Le Giro a observé une neutralisation d'une demi-heure suite à une grosse chute survenue deux kilomètres après le début.

"On était dans la phase initiale, la course n'était pas stabilisée", a expliqué son directeur Mauro Vegni à propos de cette chute qui a provoqué des dégâts. Cinq coureurs, dont l'Allemand Emanuel Buchmann, sixième du classement, ont abandonné.

Dans cette journée de retrouvailles avec un public nombreux et enthousiaste lors du passage en Slovénie, la tension est remontée dans les dernières minutes. A cause d'une grosse averse qui a détrempé la chaussée et multiplié les risques.

Campenaerts, d'une grande adresse, a évité la chute tout comme le Néerlandais Bauke Mollema, dans un groupe de chasse. Le Belge a été récompensé pour finir de sa générosité: il a disposé de son dernier compagnon, le Néerlandais Oscar Riesebeek, qui a lancé le sprint de (très) loin et a été remonté bien avant la ligne.

- La confiance de Bernal -

Le peloton, d'une grande prudence, a rallié l'arrivée avec un retard supérieur au quart d'heure. Avec, en première file, les hommes du porteur du maillot rose Egan Bernal, le "padrone" de la course à sept jours de la conclusion à Milan.

Il reste cependant de grandes étapes de montagne, à commencer par les ascensions dans les Dolomites, lundi, entre Sacile et Cortina d'Ampezzo (212 km). La Fedaia, l'un des cols les plus éprouvants de la péninsule, le Pordoi, le "toit" de cette édition du Giro à 2239 mètres d'altitude, le Giau enfin, sont au programme de la "tappone", l'étape-reine.

Une fois encore, froid et pluie sont prévus. Avec une température de l'ordre de 3 degrés au sommet du Giau qui précède la rapide descente vers Cortina d'Ampezzo, la station des JO d'hiver de 1956 et de 2026.

Bernal, qui aborde le rendez-vous avec plus d'une minute et demie d'avance sur le Britannique Simon Yates, a prévenu: "Ce sera une étape très difficile. Il faudra bien se préparer, mentalement aussi. On doit s'attendre à tout."

"On ne peut chasser derrière tout le monde, il faut courir avec la tête. Le rôle de l'équipe est important, surtout dans une étape de montagne aussi longue, et avoir une équipe expérimentée est un atout", a ajouté le Colombien, jusqu'à présent auteur d'un sans-faute à la tête de la formation Ineos.

Mais, a conclu le porteur du maillot rose, les yeux malicieux derrière son masque, "je suis confiant."