Tour d'Italie: Bernal signe son retour dans les Dolomites  

Cortina d'Ampezzo (Italie) (AFP) –

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"Je suis de retour !" Egan Bernal, le plus fort dans le seul col des Dolomites emprunté par le Giro, a dominé la 16e étape, lundi à Cortina d'Ampezzo, et consolidé sa position à moins d'une semaine de l'arrivée.

"C'est une grande victoire", s'est félicité le Colombien qui s'est imposé en solitaire dans la station-hôte des JO d'hiver 2026, une trentaine de secondes avant Romain Bardet et l'Italien Damiano Caruso.

Preuve de sa supériorité et de sa confiance, le vainqueur du Tour de France 2019 a pris le temps d'enlever son imperméable avant la ligne pour arriver avec le maillot rose de leader bien visible.

"Je tenais à le montrer. C'est quelque chose de spécial de gagner sur un grand tour avec le maillot de leader", a expliqué Bernal, qui s'est vêtu de rose voici huit jours après son succès à Campo Felice (centre), le premier de sa carrière dans un grand tour.

Bernal, sûr de sa force, a attaqué par deux fois dans le passo Giau, le seul col des Dolomites à franchir dans cette étape ramenée de 212 à 153 kilomètres. Le Giro a fait l'impasse sur les deux précédents, la Fedaia et le Pordoi, à cause des conditions météo (froid, pluie, neige fondue) susceptibles de rendre les descentes très dangereuses. Dimanche soir, une écrasante majorité de coureurs (97 %) s'étaient prononcés pour cette solution finalement adoptée lundi matin par les responsables de l'épreuve.

"Je ne sais pas ce qui aurait été le meilleur pour nous, une longue étape ou celle que nous avons eue", a commenté après l'arrivée Bernal, en se gardant d'alimenter la polémique toujours sous-jacente dans le Giro. "Nous étions prêts à toutes les hypothèses".

- Une offensive invisible à la TV -

Un seul col, long de 9,9 kilomètres (à 9,3 %), a donc suffi pour essorer le groupe des favoris. Le Belge Remco Evenepoel a été distancé avant même le pied et a terminé très attardé.

Le Britannique Simon Yates, deuxième du classement au départ de Sacile, a lâché prise avant l'offensive de Bernal, laquelle a été entrevue seulement sur les écrans TV faute d'images du direct de la télévision publique italienne (RAI) à cause de la mauvaise météo. Dans une réminiscence du siècle dernier, quand les conditions de retransmission étaient aléatoires.

A 4 kilomètres du col, Bernal s'est isolé pour fondre sur l'Espagnol Antonio Pedrero, dernier rescapé de l'échappée. Au sommet du Giau, le "toit" de cette édition du Giro à l'altitude de 2233 mètres, il a basculé avec 45 secondes d'avance sur Caruso et 1 min 13 sec sur Bardet, qui est revenu sur l'Italien dans la descente.

"Depuis 2018, j'ai eu des hauts et des bas. Cela fait du bien de se sentir bien", a apprécié le Français, qui est remonté de la 9e à la 7e place au classement, mais surtout à moins d'une minute et demie du podium.

Bernal aborde ainsi en situation de force les cinq dernières étapes, qui suivront la journée de repos programmée mardi à Canazei (nord). "Deux minutes et demie sur le deuxième (2 min 24 sec précisément sur Caruso), cela permet de gérer si je dois connaître une journée difficile", a apprécié le maillot rose qui a consolidé aussi sa position au sein de l'équipe Ineos, moins de neuf mois après son abandon du Tour de France qu'il avait couru en tant que leader unique.

"Je voulais faire quelque chose de spécial, montrer que je suis de retour et l'équipe aussi", a souligné Bernal, visiblement heureux. "Elle croit en moi et j'ai prouvé qu'elle pouvait compter sur moi".