Tour d'Italie: Bernal fléchit face à Yates

Ala (Italie) (AFP) –

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Un Giro à surprises ? Egan Bernal a donné ses premiers signes de faiblesse, mercredi, dans la montée de Sega di Ala, mais le Colombien a sauvé l'essentiel dans la 17e étape gagnée magistralement par l'Irlandais Dan Martin.

Marqué à l'arrivée, Bernal, 7e de l'étape, a reconnu avoir vécu "une journée dure, compliquée", la première depuis le départ de Turin si l'on s'en tient aux chiffres. Jusqu'à présent, le leader de l'équipe Ineos n'avait jamais fléchi dans un affrontement direct avec ses adversaires.

Sur les pentes raides et ensoleillées de Sega di Ala, une configuration qui convient à merveille à Simon Yates, le Colombien est apparu à l'ouvrage. Sans céder totalement puisqu'il n'a concédé sur la ligne qu'une cinquantaine de secondes au Britannique, qui partageait avec lui les faveurs des pronostics avant le départ.

"Quand j'ai vu qu'il était lâché, j'y suis allé à fond", a apprécié Yates qui a multiplié les démarrages pour éprouver son rival. Il a fini par le décrocher à 3500 mètres du sommet, sur un passage très pentu, avant de fléchir dans le final et de prendre la troisième place de l'étape derrière le Portugais Joao Almeida, le plus rapide du groupe des favoris dans la montée.

"J'ai peut-être eu tort de le suivre immédiatement", a regretté Bernal, qui a été secouru par son coéquipier et compatriote Daniel Martinez dans les derniers kilomètres: "Je lui dois un grand merci. Il m'a encouragé et m'a répété que j'allais gagner le Giro."

Si Yates a gagné deux rangs au général pour se situer à la troisième place, à 3 min 23 sec, le maillot rose a gardé la quasi-intégralité de son avance sur le deuxième, l'Italien Damiano Caruso, à 2 min 21 sec désormais.

- Le grand numéro de Dan Martin -

Bernal a finalement fait presque jeu égal avec Yates dans les 1500 derniers mètres de la Sega di Ala, au bout d'une montée très rude de 11,2 kilomètres malgré une altitude de moyenne montagne (1246 m). "J'ai eu en tête que Yates n'était pas très proche au classement, que je devais penser à Caruso", a souligné le Colombien.

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Faute de pouvoir expliquer sa baisse de régime ("peut-être le lendemain d'une journée de repos, ce sont des choses qui arrivent", a-t-il hasardé), Bernal a déclaré avoir "toujours été conscient du risque de connaître un mauvais jour". "Cela peut arriver même aux plus forts, personne n'est imbattable", a-t-il dit sans avoir besoin de rappeler qu'un grand tour se gagne aussi lors d'un jour-sans, en perdant le moins possible.

Le coup de mou de Bernal a éclipsé les pertes plus significatives de quatre candidats au podium: le Britannique Hugh Carthy, le Russe Aleksandr Vlasov et le Français Romain Bardet pointent désormais à plus de six minutes de Bernal. Quant à l'Italien Giulio Ciccone, pris dans une chute, il a reculé de la 6e à la 10e place du classement.

Dan Martin est revenu, pour sa part, aux portes du top 10. Mais l'Irlandais, crédité d'un grand numéro dans la montée finale qu'il a abordée avec à peine plus d'une minute d'avance après s'être intégré dans une échappée-fleuve, a atteint le but qu'il s'était fixé: gagner une étape du Giro, comme ce coureur de grande valeur (ex-vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de Lombardie) l'a déjà fait au Tour de France et sur la Vuelta.

Jeudi, la course revient dans la plaine à l'occasion de la 18e étape, la dernière favorable aux sprinteurs. Le long parcours de 231 kilomètres entre Rovereto et Stradella comporte trois petites côtes, de simples aspérités, dans le final.