Tour d'Italie: Bettiol le plus fort dans les vignes

Stradella (Italie) (AFP) –

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Alberto Bettiol est sorti vainqueur de la plus longue étape du Giro qui s'est conclue jeudi dans les vignobles de l'Oltrepo, à Stradella, au bout de 231 kilomètres.

L'Italien, vainqueur-surprise du Tour des Flandres en 2019, s'est montré le plus fort d'une échappée-fleuve de 23 coureurs dans cette étape de transition entre le Trentin et la Lombardie. Avant deux journées en montagne capitales pour le maillot rose, le Colombien Egan Bernal, et ses rivaux.

A Stradella, l'écart a culminé à plus de 23 minutes entre Bettiol et le peloton en roue libre, mené piano piano par les hommes de Bernal. Sans le Belge Remco Evenepoel et l'Italien Giulio Ciccone, qui ont abandonné la course suite à leur chute, mercredi, dans la descente du passo di San Valentino avant Sega di Ala.

"C'était une très longue journée avec beaucoup de kilomètres. Mais, avec la chaleur, ça allait bien. On a eu le temps de penser à pas mal de choses", a raconté Bernal.

Le Colombien a précisé avoir parlé avec Damiano Caruso, l'Italien qui occupe la deuxième place du classement général à 2 min 21 sec. "On s'est salué avec Simon Yates, nous avons de bons rapports", a ajouté le porteur du maillot rose à propos du Britannique, son rival le plus dangereux s'il se montre aussi efficace que dans l'étape de Sega di Ala.

- La +grinta+ et la tête pour Bernal -

Tous ont pensé aux deux prochaines étapes qui se terminent en altitude. A l'Alpe di Mera, vendredi, après une montée de 9,7 kilomètres à 9 % de pente moyenne. A l'Alpe Motta, tout près de la frontière suisse, samedi, en conclusion d'une étape qui franchit deux cols au-dessus de 2000 mètres, une altitude qui convient à merveille à Bernal qui vit sur les hauteurs en Colombie.

Il reste que la défaillance du Colombien, certes relative, dans la rude ascension de Sega di Ala a relancé la course au maillot rose. "Je dois gérer mon avantage", estime Bernal. "Je dois courir avec la +grinta+ mais aussi avec la tête. Il ne faut pas commettre d'erreurs".

"Je n'ai pas toutes les cartes en main", convient d'ailleurs Yates, qui pointe à près de trois minutes et demie au classement. Mais, pour avoir vécu la situation inverse en 2018 quand il s'était effondré dans les trois dernières journées de course, il sait que les renversements de situation inattendus se sont produits ces dernières années dans le Giro.

Avant ces rendez-vous, Bettiol a signé sa première victoire personnelle dans un grand tour, la première aussi pour son équipe EF Education depuis le départ de Turin. Il a condamné la tentative du Français Rémi Cavagna, parti seul à l'avant à l'entrée des 30 derniers kilomètres.

"C'était peut-être un peu loin", a regretté le champion de France du contre-la-montre, rejoint et aussitôt débordé par le Toscan à 7 kilomètres de l'arrivée. Pour l'Auvergnat, la prochaine et dernière opportunité se présentera dimanche lors du contre-la-montre de Milan.

Sur la ligne, Bettiol a précédé d'une quinzaine de secondes son compatriote Simone Consonni. Un doublé dans le ton de ce Giro qui a donné lieu, tout comme en 2019, à cinq victoires d'étape pour le cyclisme italien avec cinq coureurs différents (contre six en 2020 mais avec deux coureurs).